Les pharmacies d’officine tunisiennes menacent de suspendre le système du tiers payant à partir du 1er août 2026, faute de solution sur les impayés qui pèsent sur leur trésorerie. Le Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (SPOT) estime que la situation financière de plusieurs officines est devenue critique et risque désormais d’affecter la continuité de l’approvisionnement en médicaments.
Le syndicat explique que les retards accumulés dans le règlement des montants dus aux pharmaciens ont fortement réduit leurs capacités financières. Certaines pharmacies rencontreraient aujourd’hui des difficultés à maintenir leurs stocks et à régler leurs fournisseurs, notamment les grossistes-répartiteurs.
Voici ce qu’a décidé le syndicat: en l’absence d’une solution concrète avant cette échéance, le SPOT prévoit de suspendre le système du tiers payant à compter du 1er août. Ce dispositif permet aux assurés sociaux d’obtenir leurs médicaments en pharmacie sans avancer l’intégralité des frais, ceux-ci étant ensuite pris en charge par les organismes concernés.
Pour le syndicat, cette mesure ne vise pas les patients, mais constitue un moyen de pression pour alerter sur une situation financière jugée insoutenable pour les officines. Le SPOT affirme avoir déjà engagé plusieurs démarches auprès des autorités, notamment du ministère des Affaires sociales et de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), afin d’obtenir un règlement progressif des sommes en attente.
Au-delà des pharmacies, le syndicat met en garde contre un possible effet domino sur l’ensemble du circuit du médicament. La fragilisation des officines pourrait affecter les relations avec les grossistes-répartiteurs et les laboratoires pharmaceutiques, avec un risque de tensions sur l’approvisionnement.
Le SPOT appelle également les industriels du médicament à accorder davantage de souplesse aux distributeurs dans leurs conditions de paiement, afin d’éviter une pression supplémentaire sur la chaîne d’approvisionnement.









