Le projet du Plan de développement 2026-2030 est officiellement entré dans sa phase d’examen au Parlement. Lors d’une séance réunissant l’ensemble des commissions permanentes, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a présenté les grandes orientations du document stratégique, qui recense plus de 40.700 projets proposés à travers le pays. Si le gouvernement défend un plan «réaliste et réalisable», plusieurs députés ont exprimé des réserves sur son contenu, son financement et sa capacité à produire un véritable changement économique.

Le débat s’est ouvert mardi 30 juin à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Selon le ministre, il s’agit du premier plan élaboré selon une approche ascendante, construite à partir des besoins exprimés au niveau local puis régional avant d’être consolidée à l’échelle nationale.
Samir Abdelhafidh a indiqué que les conseils élus ont proposé 40.748 projets, répartis entre les conseils locaux, régionaux et les conseils des cinq districts. Après un travail de sélection réalisé par le ministère de l’Économie en coordination avec le ministère des Finances et les départements sectoriels, le portefeuille a été ramené à 6.467 projets en cours de réalisation et 14.624 nouveaux projets. Leur financement reposera sur le budget de l’État, les entreprises publiques, les partenariats public-privé ainsi que des financements extérieurs.
Le ministre a précisé que les crédits déjà mobilisés s’élèvent à près de 25 milliards de dinars, auxquels pourraient s’ajouter 5,5 milliards de dinars faisant actuellement l’objet de négociations.
Le gouvernement présente ce document comme la feuille de route des politiques publiques pour les cinq prochaines années. Les priorités annoncées concernent notamment un développement régional plus équilibré, la modernisation du tissu économique, le renforcement des infrastructures, la sécurité alimentaire, énergétique et hydrique, la protection de l’environnement ainsi que la modernisation de l’administration et l’amélioration de l’efficacité des services publics.
Les échanges au Parlement ont toutefois fait apparaître plusieurs critiques. Des députés ont estimé que le plan privilégie principalement des projets de proximité, sans intégrer suffisamment de grands projets nationaux capables de transformer durablement l’économie tunisienne. D’autres ont regretté l’absence ou la faible représentation de projets jugés prioritaires dans certaines circonscriptions, appelant à une meilleure prise en compte des besoins des régions afin de réduire les disparités territoriales.
Les parlementaires ont également demandé davantage de précisions sur les ressources destinées à financer les nouveaux projets. Ils ont relevé le manque d’informations concernant les sources de financement, les impacts sur le budget de l’État, les indicateurs de performance et les mécanismes de suivi de l’exécution. Plusieurs interventions ont rappelé que le précédent plan de développement n’avait enregistré qu’un taux de réalisation inférieur à 40%, estimant que la réussite du nouveau programme dépendra avant tout de sa mise en œuvre effective.
Les députés ont en outre appelé à accélérer les réformes administratives et l’adoption de textes attendus, notamment le Code des changes, afin d’améliorer le climat des affaires et de soutenir l’investissement.
En réponse, Samir Abdelhafidh a rappelé que le Plan de développement constitue avant tout un document stratégique définissant les grandes orientations de l’État et non un inventaire détaillé de tous les projets. Il a assuré que les projets retenus ont été sélectionnés selon des critères objectifs et que les contraintes budgétaires imposent d’établir des priorités.
Le ministre a confirmé que le financement reposera sur le budget de l’État, les entreprises publiques, les partenariats public-privé et les financements extérieurs, tout en précisant que ces partenariats seront encadrés afin de préserver la souveraineté nationale, notamment pour les projets considérés comme stratégiques.
Les travaux parlementaires sur le projet de Plan de développement 2026-2030 se poursuivront mercredi 1er juillet avec une nouvelle séance consacrée à l’examen du document.









