La coopération économique entre la Tunisie et l’Italie entre dans une phase plus ambitieuse, portée par une volonté commune de transformer les échanges existants en véritable plateforme industrielle tournée vers l’Afrique. C’est le message central porté lors de l’ouverture du Tunisia Investment Forum (TIF 2026), organisé à Tunis par la FIPA-Tunisia.
Enrico Maria Bagnasco, CEO de Sparkle et président de Confindustria Assafrica & Mediterraneo, a mis en avant la profondeur des relations économiques entre les deux pays. Plus de 900 entreprises italiennes sont aujourd’hui actives en Tunisie, opérant dans des secteurs clés comme le textile, l’énergie, l’agriculture, les infrastructures, l’agroalimentaire et le numérique. Une présence qui, selon lui, traduit un partenariat stable et de long terme.
Il a insisté sur les facteurs qui soutiennent cette dynamique, notamment la proximité géographique, la qualité des compétences tunisiennes et les accords commerciaux avec l’Union européenne. Il a illustré cette proximité par une image marquante : « un vol Rome–Tunis est plus court qu’un Rome–Milan », soulignant une réalité logistique qui renforce l’attractivité du pays. Les données évoquées montrent également l’intensification des flux d’investissement italiens à l’international, avec 446 millions d’euros enregistrés au premier semestre 2025 sur certains marchés, un indicateur utilisé pour illustrer la capacité des entreprises italiennes à se déployer à l’étranger et à consolider leur présence dans des économies partenaires comme la Tunisie.
Au centre du discours, une orientation stratégique revient avec insistance : faire de la Tunisie un hub industriel et logistique vers le continent africain. « Nous devons travailler ensemble pour faire de la Tunisie une plateforme conjointe de développement vers l’Afrique », a déclaré Enrico Maria Bagnasco, appelant à renforcer les projets industriels communs et les chaînes de valeur partagées. Cette vision s’inscrit dans le cadre du Plan Mattei, qui renforce la coopération italienne avec plusieurs pays africains, dont la Tunisie, notamment dans les domaines de l’énergie, des infrastructures et de l’agriculture.
Le secteur numérique occupe également une place stratégique dans cette coopération. L’entreprise Sparkle, présente en Tunisie depuis plus de 50 ans, assure environ 50 % du trafic international du pays, confirmant le rôle central des infrastructures digitales dans la compétitivité économique et l’ouverture internationale de la Tunisie. Au-delà des investissements, le discours a mis l’accent sur la formation et le transfert de compétences. Les initiatives italiennes intègrent des programmes de formation technique et managériale visant à renforcer l’autonomie des talents locaux et à accompagner la montée en valeur de l’écosystème industriel tunisien.









