L’Espagne a officiellement lancé un vaste programme de régularisation destiné à environ 500 000 migrants en situation irrégulière. La mesure, approuvée par le gouvernement du premier ministre Pedro Sánchez, vise à accorder un statut légal à des centaines de milliers de personnes vivant déjà sur le territoire espagnol sans titre de séjour.
Cette décision tranche avec la tendance observée dans plusieurs pays européens, où les politiques migratoires se sont durcies ces dernières années. Le gouvernement espagnol défend au contraire une approche fondée sur l’intégration et les besoins économiques du pays.
Cette régularisation répond à plusieurs enjeux. L’Espagne fait face à un vieillissement de sa population et à des besoins croissants de main-d’œuvre dans des secteurs comme le tourisme, les services, la construction ou encore l’agriculture. Selon les autorités, de nombreux migrants vivent déjà et travaillent dans le pays, souvent dans l’économie informelle. Le gouvernement estime que leur intégration dans l’économie formelle permettra d’améliorer les recettes fiscales, de répondre aux besoins du marché du travail et de renforcer la cohésion sociale. Qui peut bénéficier de la mesure ? Les candidats doivent notamment prouver qu’ils résidaient en Espagne avant le 1er janvier 2026, justifier d’une présence continue dans le pays et ne pas avoir de casier judiciaire. Les demandes sont traitées par les services de l’immigration relevant du ministère espagnol des Migrations. Les permis accordés sont valables un an et permettent de travailler légalement sur l’ensemble du territoire espagnol. Ils peuvent ensuite être renouvelés sous certaines conditions.
Une mesure qui suscite le débat…
L’annonce a été saluée par de nombreuses organisations de défense des migrants, des associations et plusieurs acteurs économiques qui y voient une réponse pragmatique aux besoins du pays. Plus de 700 000 signatures citoyennes avaient été recueillies en faveur d’une régularisation exceptionnelle. À l’inverse, les partis conservateurs et d’extrême droite dénoncent une mesure susceptible, selon eux, d’encourager l’immigration irrégulière. Ils accusent le gouvernement de créer un «appel d’air» migratoire et envisagent différentes actions politiques et juridiques contre le dispositif. Il convient de noter que contrairement à certaines affirmations relayées sur les réseaux sociaux, cette régularisation ne donne pas automatiquement accès au marché du travail des autres pays de l’Union européenne. Les bénéficiaires obtiennent un droit de résidence et de travail en Espagne uniquement. Ils peuvent voyager temporairement dans l’espace Schengen, mais ne disposent pas d’un permis de travail valable dans le reste de l’Union européenne.








