La Suisse, l’un des pays les plus riches d’Europe, a connu hier l’un des votes les plus importants et controversés, comparé même au Brexit de 2016. Portée par le parti conservateur de droite, l’Union démocratique du centre, la proposition stipulait que la population ne devait pas dépasser 10 millions d’ici à 2050. En cas de dépassement pendant deux ans consécutifs, le pays devait mettre fin à la libre circulation avec l’UE. Il y a des craintes que l’immigration pèse sur les services publics et fait augmenter les loyers.
Pour rappel, ce n’est pas la première action de ce parti politique en la matière. En 2014, il a réussi sa tentative et les Suisses ont accepté l’instauration de contingents pour limiter l’immigration. La Suisse compte déjà 9,1 millions d’habitants et sa croissance démographique est plus rapide que celle de l’UE environnante. Les étrangers représentent près de 28% de la population totale, et les projections officielles estiment que celle-ci atteindra 10 millions d’ici le début des années 2040. La proposition a été rejetée, envoyant un signal que la majorité des Suisses privilégient la stabilité économique et les liens avec l’Union européenne. Bien évidemment, un plafonnement de la population aurait limité l’accès aux travailleurs étrangers, ce qui nuirait à l’économie et tendrait les relations avec Bruxelles. La demande qui émane de l’UE est essentielle pour le pays, dont les exportations totales ont dépassé 310 milliards d’euros en 2025. Après la décision des États-Unis d’appliquer une surtaxe forfaitaire de 10% sur l’ensemble des importations helvétiques, les relations économiques avec l’espace commun sont plus que jamais cruciales.









