Chaque Tunisien paie une redevance d’assainissement sur sa facture d’eau. Une somme modeste, rarement remarquée. Pourtant, derrière ce montant discret se cache une crise qui grossit en silence depuis trois ans.
Le 30 mars 2026, le directeur général de l’ONAS a présenté la situation devant le Parlement. Il est venu avec des chiffres. Le déficit cumulatif de l’office est passé de 87,6 millions de dinars en 2023 à 211,6 millions de dinars prévus pour 2025. En deux ans, le gouffre a été multiplié par 2,4.
Pourquoi? Les augmentations tarifaires ont été officiellement approuvées pour 2023, 2024 et 2025. Elles n’ont jamais été appliquées. Seule la hausse de la première année a été mise en œuvre. Pendant ce temps, les charges ont continué d’augmenter: maintenance des réseaux, remboursement des emprunts extérieurs, extension des services vers les petites villes et les zones rurales. Les recettes, elles, n’ont pas suivi.
Sur le terrain, les conséquences sont visibles. Des canalisations qui débordent. Des quartiers inondés à la moindre pluie. Des projets de raccordement qui n’avancent pas. Des familles entières qui attendent depuis des années un accès à un réseau d’assainissement.









