Avec un taux de pénétration de l’assurance de 2,34 % du produit intérieur brut (PIB), la Tunisie occupe la cinquième place en Afrique, derrière l’Afrique du Sud, la Namibie, le Maroc et le Kenya. Ce niveau reste très inférieur à la moyenne mondiale de 7,4 %, selon le rapport annuel 2026 de l’Organisation des assurances africaines (OAA), publié le 13 octobre. Un écart qui illustre le potentiel de développement encore inexploité du marché tunisien.
Le taux de pénétration mesure le poids des primes d’assurance brutes dans l’économie. Il permet notamment d’évaluer la place de l’assurance dans le financement des risques des ménages et des entreprises. En Tunisie, le ratio demeure modeste malgré l’existence d’un marché structuré et de plusieurs branches d’assurance. À l’échelle africaine, seuls deux pays dépassent la moyenne mondiale : l’Afrique du Sud, avec un taux de 11,5 %, et la Namibie, à 7,4 %. Le Maroc arrive ensuite avec 3,9 %, devant le Kenya à 2,4 % et la Tunisie à 2,34 %. Le Sénégal, avec 1,51 %, complète le groupe des marchés les mieux positionnés parmi les treize pays comparés dans le rapport.
L’écart entre les marchés africains apparaît encore plus nettement dans l’assurance-vie. L’Afrique du Sud a généré près de 43,8 milliards de dollars de primes dans cette branche, contre 3,15 milliards pour le Maroc et 1,82 milliard pour le Kenya. La Tunisie figure plus loin dans le classement, avec 369 millions de dollars. Cette concentration s’explique notamment par le poids des dispositifs d’épargne-retraite et des contrats d’assurance-vie dans les marchés les plus développés. En Afrique du Sud et en Namibie, ces mécanismes sont solidement installés et bénéficient de régimes obligatoires ou quasi obligatoires. Dans une grande partie du continent, l’assurance-vie reste davantage un produit de protection destiné à une fraction de la population salariée qu’un instrument d’épargne largement accessible. La faiblesse des revenus, le poids de l’économie informelle et les obstacles à l’accès aux produits financiers limitent son développement.
Les entreprises, un relais de croissance
L’assurance non-vie, qui couvre notamment les dommages aux biens, les risques industriels et la responsabilité civile, présente une répartition plus équilibrée entre les marchés africains. L’Afrique du Sud conserve la première place, suivie du Maroc, du Kenya, de l’Égypte, de l’Algérie et du Nigeria.
La demande dans cette branche dépend davantage du volume des actifs à protéger, de l’activité économique et des obligations légales d’assurance. Pour les entreprises tunisiennes, la couverture des locaux, des équipements, des stocks, des véhicules et des risques liés à l’activité constitue donc un enjeu direct de continuité opérationnelle et de maîtrise des pertes. Le rapport souligne également les limites de la capacité de réassurance disponible en Afrique, notamment pour les risques importants dans l’immobilier, l’énergie et l’industrie. Les assureurs doivent alors solliciter des réassureurs internationaux pour obtenir une couverture suffisante et une expertise adaptée.









