La nette progression de l’épargne sur les huit premiers mois de 2026 est remarquable. Les dépôts bancaires ont évolué de 1 512 à 38 884 MDT. Idem pour l’épargne postale (+579 MDT à 12 454 MDT) et les dépôts à terme et autres produits financiers (+663 MDT à 19 957 MDT).
Cette abondance relative de liquidités constitue un socle fondamental et rassurant. Disposer de plus de 71 MdsTND cumulés dans ces différentes rubriques d’épargne représente un réservoir de capitaux potentiels prêts à financer la relance, l’innovation et le développement des entreprises.
Cependant, la simple existence de cette épargne ne garantit pas son efficacité économique. Elle doit impérativement être canalisée de manière rigoureuse vers des investissements productifs. Le risque réside dans la stérilisation de ces liquidités et leur orientation exclusive vers des placements sans risque, comme les bons du Trésor.
Pour transformer ce potentiel financier en levier de croissance, les mécanismes d’intermédiation bancaire et financière doivent être optimisés. Il est indispensable de rediriger ces flux vers des projets structurants à fort impact, tels que la transition énergétique, les technologies de l’information, l’industrie manufacturière à haute valeur ajoutée et le soutien aux PME. Tout cela a besoin d’un renforcement du cadre réglementaire actuel, dans le sens d’un coup de pouce au climat des affaires. Cela permettra de canaliser cette épargne vers l’économie réelle et l’investissement de long terme.
Transformer ces liquidités dormantes en un véritable moteur de développement durable est un passage nécessaire si nous voulons changer de cap rapidement. Autrement, cette épargne va encore s’accumuler, au service de la rente.









