Le réseau bancaire tunisien ne couvre qu’une infime fraction du territoire dans le Sud du pays où moins d’une femme sur cinq dispose d’un compte formel. C’est ce que révèle une étude sur l’inclusion financière des femmes et des jeunes, publiée le 22 septembre. Portée par le PNUD, cette étude a mobilisé l’Observatoire de l’Inclusion Financière et le ministère de l’Économie et de la Planification.
Au total, sept gouvernorats sont concernés : Kairouan, Gabès, Médenine, Tataouine, Gafsa, Tozeur et Kébili. Les chercheurs y ont croisé une multitude de données à l’instar de la présence des institutions financières, des coûts d’accès, du niveau de littératie financière et surtout du degré de confiance des habitants envers ces institutions. D’après les résultats de cette étude, le poids de l’informel dans ces territoires ne s’explique pas uniquement par l’absence d’infrastructures : il renvoie à des habitudes ancrées et à certains modèles économiques que les politiques publiques peinent encore à intégrer dans leurs modèles.
Vers un plan d’action ciblé
Les conclusions de cette étude doivent nourrir le programme national d’éducation financière 2023-2027, avec des pistes concrètes sur les produits à concevoir et les campagnes de sensibilisation à déployer auprès des femmes et des jeunes de ces régions.
Ce diagnostic dessine un espace à occuper pour la microfinance et les solutions de paiement digital : là où la défiance envers les circuits bancaires classiques reste forte, ce sont les modèles fondés sur la proximité ; agents locaux, produits simplifiés, relais communautaires qui ont le plus de chances de convertir l’informel en usage formel, plutôt qu’une simple extension du maillage bancaire traditionnel.









