Réunis à Istanbul les 13 et 14 septembre 2026 pour la 8ᵉ édition du Forum des banques centrales de l’OCI-COMCEC, les gouverneurs membres ont planché sur un thème sans détour : comment répondre par la politique monétaire à un monde géopolitiquement fragmenté. Le gouverneur de la BCT, Fethi Zouhaier Nouri, y a livré un plaidoyer appuyé pour davantage de coopération entre pairs.
Pour Nouri, les tensions internationales ne sont plus une donnée extérieure aux économies : elles pèsent directement sur les balances des paiements, les réserves de change et les chaînes d’approvisionnement, en passant surtout par trois canaux ; l’énergie, l’alimentation et le financement extérieur. Il en détaille la mécanique : un choc pétrolier de 10 % entraîne environ 7 % de hausse sur le gaz naturel et 5,4 % sur les engrais, avec des répercussions différées sur la facture d’électricité et le prix du pain. D’après le FMI, ce type de choc pèse nettement plus lourd, de l’ordre du double et demi, sur les économies à faible revenu que sur les pays avancés.
La Tunisie comme cas concret
Le gouverneur de la BCT a évoqué des chiffres tunisiens : un déficit énergétique avoisinant les sept milliards de dinars à fin juin 2026, en progression de 35 % sur un an et une dépendance qui atteignait 55 % au blé russo-ukrainien en 2022, malgré une inflation ramenée depuis à 5,1 %.
Pour les opérateurs tunisiens exposés à l’import (énergie, intrants, matières premières), ce diagnostic confirme l’urgence de couvrir le risque de change et de diversifier les sources d’approvisionnement. Les pistes de règlement en monnaies locales évoquées par la BCT, si elles se concrétisent, pourraient à terme alléger le coût de financement du commerce intra-OCI pour les PME exportatrices.









