Le TIME vient de publier son édition 2026 du classement TIME100 AI, la liste où le magazine américain récompense chaque année les figures qui pèsent sur la trajectoire mondiale de l’intelligence artificielle. Pour cette édition, la juriste tuniso-américaine Wafa Ben-Hassine, spécialiste des droits humains appliqués au numérique, a été sélectionnée.
Nommée en 2026 à la tête de la toute nouvelle section Digital Technology and Human Rights du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme à Genève, elle y supervise le dossier IA de l’institution. Son constat, relayé dans son portrait TIME signé Steve Friess: les entreprises technologiques opèrent sans réel contrôle ni obligation de rendre des comptes, un vide qui s’aggrave. Plutôt que de multiplier les rapports, elle mise sur la pression directe, dialogue avec les industriels, mobilisation des gouvernements pour actionner les leviers réglementaires existants, avec en ligne de mire la protection de l’enfance et de la vie privée en ligne.
D’Omidyar Network à la révolution tunisienne
Elle arrive à ce poste après un long passage chez Omidyar Network, la fondation américaine de philanthropie orientée changement social, où elle a lancé Humanity AI: un consortium de bailleurs qui a réuni près de 500 millions de dollars destinés à financer une IA plus respectueuse des droits fondamentaux. Son parcours tunisien remonte à 2011: engagée comme assistante parlementaire à la Constituante au lendemain de la révolution, elle contribue à la rédaction du préambule constitutionnel, cofonde LEAD Tunisia, dirige la rédaction de Tunisia Live puis prend en charge les politiques MENA d’Access Now.
Cette reconnaissance internationale rappelle qu’un vivier d’expertise tunisienne pèse déjà sur les débats mondiaux de gouvernance de l’IA, un signal encourageant pour les startups locales du secteur, qui gagneraient à s’appuyer sur ces réseaux pour structurer leurs propres pratiques de conformité et de responsabilité algorithmique.









