Le Nigeria accélère la mise sous contrôle fiscal de son marché des actifs virtuels. La Nigeria Tax Administration Act 2025 encadre désormais plus précisément les opérations liées aux cryptomonnaies et impose aux plateformes crypto de nouvelles obligations de déclaration, d’identification et de conservation des données. Le dispositif vise un marché devenu trop important pour rester en dehors du radar fiscal.
La loi prévoit que les activités liées aux actifs virtuels soient déclarées à l’administration fiscale. Les revenus provenant notamment du minage, du staking, des récompenses ou de certaines opérations sur actifs virtuels peuvent entrer dans le champ de l’impôt. La valeur retenue pour l’administration fiscale doit être déterminée à partir du prix de marché au moment de la transaction, sur la base d’une plateforme d’échange reconnue.
Pour les plateformes, le changement est encore plus concret. Les Virtual Asset Service Providers (VASP) doivent transmettre périodiquement au fisc les informations relatives aux transactions de leurs clients, conserver les données pendant au moins sept ans et appliquer des procédures strictes de connaissance du client (KYC). Les opérations importantes ou suspectes doivent également être signalées aux autorités compétentes.
Autrement dit, le fisc nigérian ne cherche plus seulement à taxer le résultat d’une activité crypto: il veut pouvoir retracer le flux qui conduit à ce résultat.
La pression monte aussi sur les opérateurs non conformes. La législation prévoit une amende de 10 millions de nairas, puis 1 million de nairas par mois supplémentaire en cas de maintien du défaut pour certaines obligations applicables aux VASP. Pour une entreprise crypto, la conformité devient donc un enjeu opérationnel et financier, et non plus une simple formalité administrative.
Cette offensive fiscale intervient alors qu’Abuja réorganise parallèlement la supervision du secteur. Le président Bola Tinubu a signé, le 17 juillet, un décret créant un Virtual Asset Council, présidé par la Central Bank of Nigeria (CBN), avec le Nigeria Revenue Service et la Securities and Exchange Commission (SEC) à la vice-présidence. L’objectif est de coordonner les autorités jusque-là chargées séparément de la fiscalité, des marchés financiers et des questions monétaires.









