Les exportations tunisiennes d’huile d’olive accélèrent fortement. En huit mois, les volumes expédiés ont augmenté de 56,7% pour atteindre 352 mille tonnes, générant plus de 4,3 milliards de dinars de recettes. Mais derrière cette performance, un constat persiste : la Tunisie vend encore l’essentiel de sa production en vrac et capte une part limitée de la valeur créée.
En effet, 86,3% des volumes exportés sont vendus en vrac, tandis que l’huile conditionnée ne représente que 13,7% des quantités, une proportion quasiment inchangée par rapport à la campagne précédente. En termes de revenus, les exportations conditionnées ne génèrent que 18,2% des recettes totales.
Cette situation illustre l’un des grands enjeux économiques du secteur : réussir à transformer une réputation de qualité en avantage commercial durable. L’huile d’olive tunisienne bénéficie pourtant d’un positionnement solide sur les marchés internationaux, avec une domination de l’extra vierge qui représente 83,4% des volumes exportés.
Le prix moyen a également progressé. En juin 2026, le kilogramme d’huile d’olive tunisienne s’est vendu en moyenne à 13,68 dinars, contre 13,26 dinars un an auparavant, soit une hausse de 3,1%.
L’Europe reste le principal débouché avec 56,8% des volumes exportés, devant l’Amérique du Nord (24,2%). L’Espagne est devenue le premier acheteur avec 32,4% des quantités exportées, suivie de l’Italie (19,7%) et des États-Unis (19,4%).
Sur le segment biologique, la dynamique est également positive : 47,3 mille tonnes ont été exportées pour une valeur de 622,4 millions de dinars. Mais là encore, le conditionnement reste limité, avec seulement 6% des volumes exportés sous forme conditionnée.
Pour les entreprises tunisiennes du secteur, le prochain défi ne sera donc pas seulement d’augmenter les volumes exportés. Il sera surtout de capter davantage de valeur : développer des marques tunisiennes reconnues, renforcer le conditionnement local et réduire la dépendance au vrac. Car le véritable potentiel de l’huile d’olive tunisienne ne se mesure plus uniquement en tonnes exportées, mais en capacité à vendre une origine, une image et une valeur ajoutée.









