Au terme du deuxième trimestre de l’exercice 2026, les Ciments de Bizerte ont publié des indicateurs d’activité reflétant un contexte industriel toujours contraint. La production de clinker est restée totalement suspendue durant le deuxième trimestre 2026, dans l’attente des conditions techniques et financières nécessaires au redémarrage du four. Face à cette situation, l’entreprise a choisi de maintenir son activité de broyage en s’approvisionnant en clinker importé, afin de préserver sa présence sur le marché local. Cette stratégie de continuité a permis d’assurer une production de ciment de 38 336 tonnes sur la période, contre 41 009 tonnes un an plus tôt, soit une baisse de 6,5%. Par ailleurs, la production de chaux, activité connexe, a atteint 483 tonnes, en repli de 13,9% par rapport au deuxième trimestre 2025, une évolution que la société attribue à la moindre demande sur le marché national.
Du côté commercial, le chiffre d’affaires local s’est établi à 9,199 MDT sur le trimestre, un recul annuel de 5,4%. Ce repli, bien que contenu, s’inscrit dans la continuité des difficultés rencontrées par l’entreprise, liées à la capacité de production réduite et à l’incertitude pesant sur les approvisionnements. En cumul sur le premier semestre, le chiffre d’affaires atteint 17,109 MDT , affichant une baisse plus marquée de 16,9% par rapport au premier semestre 2025. Pour compenser partiellement cette érosion, Les Ciments de Bizerte ont continué à développer des activités de diversification, notamment les prestations de déchargement des navires de coke de pétrole, qui génèrent des revenus complémentaires et contribuent à stabiliser l’activité globale de la société dans l’attente du redémarrage du four.
Sur le volet financier, la situation d’endettement demeure le principal point d’attention. La dette totale de la société s’élève à 120,970 MDT à la fin du deuxième trimestre 2026. Ce montant intègre un endettement principal de 97,573 MDT et des intérêts courus de 23,397 MDT. Les crédits de gestion, qui financent le besoin en fonds de roulement, s’élèvent à 25,409 MDT. C’est précisément pour faire face à ce lourd passif que la mise en œuvre du plan de restructuration constitue une étape décisive. Ce plan, qui prévoit à la fois une restructuration financière avec les établissements bancaires et des mesures opérationnelles de relance, a d’ores et déjà permis l’ouverture de discussions avec les créanciers et la finalisation d’un business plan, dont l’objectif est de rétablir une trajectoire soutenable pour l’entreprise.
Dans ses perspectives pour le troisième trimestre 2026, la société affiche une ambition claire : poursuivre l’exécution de son plan de restructuration tout en maintenant la production de ciment grâce à des approvisionnements en clinker importé. Un contrat portant sur 150 000 tonnes de clinker, financé par un crédit bancaire, a été conclu pour sécuriser les besoins des prochains mois, ce qui devrait permettre de maintenir un niveau d’activité minimal et de préserver les parts de marché sur le segment du ciment.
Parallèlement, les Ciments de Bizerte entendent renforcer la maîtrise de leurs coûts de production et de distribution, consolider leur position commerciale sur le marché local, et préserver un climat social favorable, condition essentielle à la réussite du processus de redressement.
Ce deuxième trimestre 2026 apparaît pour la société comme un trimestre de transition, où les indicateurs opérationnels et financiers restent orientés à la baisse, mais les fondations d’une reprise se mettent progressivement en place. La réussite du plan de restructuration et le redémarrage effectif du four de clinker, dont le calendrier n’est pas encore précisé, demeureront les deux principaux défis des prochains mois, déterminants pour la pérennité de l’entreprise et sa capacité à retrouver une croissance durable.









