Une nouvelle vague de SMS frauduleux imitant des avis d’infraction au code de la route circule actuellement en Tunisie, dans une opération de phishing particulièrement construite. Le message, qui se présente comme une notification officielle de contravention, affirme qu’une infraction routière a été enregistrée et invite la victime à régler rapidement une amende en ligne via un lien.


Le scénario repose sur une mécanique simple: créer un sentiment d’urgence. Le SMS mentionne un prétendu numéro de dossier, évoque une infraction détectée par un système de surveillance automatisé et impose un délai très court pour éviter des pénalités financières. Dans certains cas, des montants et des pourcentages de retard sont même ajoutés pour renforcer la pression psychologique et pousser à une réaction immédiate.
En réalité, aucune administration tunisienne n’a confirmé l’envoi de ce type de notification par SMS. Aucun organisme officiel ne procède au recouvrement d’amendes de cette manière, encore moins via des liens envoyés depuis des numéros inconnus ou étrangers. Donc, il est bon de rappeler que les communications officielles passent par des canaux sécurisés et des domaines institutionnels clairement identifiés, notamment en “.gov.tn”. Tout message demandant un paiement immédiat via un lien externe doit donc être considéré comme suspect.
Le piège se trouve précisément dans ce lien. Il redirige vers un site qui imite l’apparence d’un portail de paiement officiel, où l’utilisateur est invité à saisir ses informations personnelles et bancaires. Une fois ces données entrées, elles peuvent être exploitées pour des opérations de fraude et de vol de fonds.
Les signaux d’alerte sont pourtant nombreux. L’utilisation de numéros étrangers, des domaines internet non officiels, ou encore des formulations administratives approximatives sont autant d’indices révélateurs d’une tentative d’escroquerie. Dans certains cas, les fraudeurs vont jusqu’à demander de répondre au SMS pour “activer” le lien, une technique destinée à contourner les filtres anti-spam des téléphones.
Cette campagne de faux avis de contraventions s’inscrit dans un phénomène beaucoup plus large. Ces derniers jours, plusieurs formes d’arnaques numériques ont été signalées en Tunisie, allant du phishing bancaire aux faux conseillers qui contactent les victimes pour obtenir des codes de validation ou des informations sensibles. Selon la dernière alerte, l’Agence nationale de cybersécurité met en garde contre la multiplication de ces tentatives d’hameçonnage qui ciblent directement les données personnelles et bancaires des citoyens. Les autorités rappellent que les institutions officielles ne demandent jamais de mots de passe, de codes bancaires ou de paiements urgents via des messages non sécurisés. La Poste tunisienne a également alerté récemment sur des tentatives de piratage visant les cartes de paiement et les informations sensibles des utilisateurs, confirmant l’ampleur du phénomène.
Dans ce contexte, les recommandations restent inchangées: ne jamais cliquer sur un lien reçu par SMS sans vérification, ne jamais saisir ses données bancaires sur un site non officiel et supprimer immédiatement tout message suspect. Derrière ces faux avis de contraventions routières, c’est une stratégie d’escroquerie numérique bien organisée qui se déploie, exploitant la confiance et la rapidité de réaction des utilisateurs.









