Le Maroc est devenu le pays le plus industrialisé d’Afrique en 2025, devant l’Afrique du Sud qui occupait la première place depuis le début de la période étudiée en 2010. La Tunisie conserve quant à elle une position de premier plan en se classant 4e à l’échelle continentale, selon l’« Indice de l’industrialisation en Afrique 2025 » publié par la Banque africaine de développement (BAD), en partenariat avec l’Union africaine et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI).
L’étude couvre 54 pays africains et évalue leur évolution industrielle sur la période 2010-2024 à travers une méthodologie multidimensionnelle reposant sur 19 indicateurs. Comment ce classement est-il établi ? L’indice ne mesure pas uniquement la taille de l’industrie. Il prend en compte trois grandes dimensions: Les performances industrielles, notamment les exportations manufacturières, la valeur ajoutée du secteur manufacturier, les emplois industriels et le poids des industries de moyenne et haute technologie. Les facteurs directs de développement industriel comme les investissements privés, les infrastructures ou encore les investissements directs étrangers (IDE). En fin, les facteurs indirects tels que la taille du marché, l’environnement des affaires, la sécurité juridique et la qualité de la gouvernance. Chaque pays obtient une note comprise entre 0 et 1. Plus le score est élevé, plus le niveau d’industrialisation est important.
Le Top 10 africain en 2025
Selon les données de la BAD, les dix pays les plus industrialisés du continent sont :
- Maroc : 0,8415
- Afrique du Sud : 0,8396
- Égypte : 0,7827
- Tunisie : 0,7760
- Maurice : 0,6731
- Algérie : 0,6661
- Eswatini : 0,6509
- Sénégal : 0,6368
- Namibie : 0,6295
- Côte d’Ivoire : 0,6173
Une industrialisation en progrès, mais encore incomplète
Le rapport révèle que 41 des 54 pays africains ont amélioré leur score d’industrialisation depuis 2010. Le score médian du continent a progressé de 6,4 % sur la période, signe d’avancées réelles dans plusieurs économies africaines. Cependant, la BAD estime que la transformation industrielle du continent reste inachevée. Malgré une hausse de la valeur ajoutée manufacturière, passée de 285 milliards de dollars en 2020 à 351 milliards de dollars en 2025, l’Afrique représente toujours moins de 2 % de la production manufacturière mondiale et seulement 1,4 % des exportations mondiales de produits manufacturés. Selon les auteurs du rapport, l’accélération de l’industrialisation africaine passera notamment par le développement des chaînes de valeur régionales, l’amélioration des infrastructures, l’investissement dans les compétences et une meilleure intégration économique à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).


