À l’heure où les enjeux environnementaux s’imposent comme une priorité mondiale, la Tunisie cherche à redéfinir sa trajectoire de développement. C’est dans ce contexte que s’est tenue, le 16 avril à Esprit School of Business, la deuxième édition du Forum sur les Initiatives de Développement Durable, organisée en partenariat avec Grant Thornton Tunisie, autour d’un thème central: “Smart économie pour une Tunisie Durable”.

Parmi les interventions marquantes de cette rencontre, celle de Aouatef Messai, directrice générale de l’Environnement et de la Qualité de la Vie au ministère de l’Environnement, a apporté un éclairage structurant sur les fondements de la transition écologique engagée par le pays.
Dès l’ouverture de son intervention, elle a insisté sur une idée clé: la durabilité n’est pas un objectif figé, mais un processus en constante évolution. Pour elle, la Tunisie est déjà engagée dans cette dynamique depuis 2023, avec la mise en place d’une stratégie nationale dédiée à la transition écologique.
Mais au-delà des cadres institutionnels, le constat est sans appel. Le monde fait face à une triple crise environnementale: le dérèglement climatique, l’érosion accélérée de la biodiversité et la multiplication des pollutions. La Tunisie, bien que peu contributrice aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, n’échappe pas à ces pressions croissantes sur ses ressources naturelles.
La responsable a ainsi évoqué un changement de paradigme devenu inévitable. Selon elle, il ne s’agit plus d’ajustements partiels, mais d’une transformation profonde et systémique des modes de production, de consommation et de gouvernance. Cette transition nécessite une vision stratégique nationale forte, mais aussi une mobilisation collective impliquant l’ensemble des acteurs économiques, publics et privés.
Elle a également attiré l’attention sur un déséquilibre préoccupant entre l’empreinte écologique du pays et sa biocapacité, qui se creuse depuis plusieurs décennies. Une situation qui traduit une pression croissante sur les ressources naturelles, notamment l’eau, les sols, les forêts et les littoraux.
Dans ce contexte, la transition écologique se définit comme l’évolution vers un modèle plus résilient, circulaire, inclusif et durable. Un modèle qui ne se limite pas à la protection de l’environnement, mais qui intègre également les dimensions économiques et sociales du développement.
La Stratégie Nationale de Transition Écologique, adoptée en février 2023, s’inscrit précisément dans cette logique. Elle vise à protéger les ressources naturelles du pays tout en repensant leur gestion de manière durable et équitable. Elle met également l’accent sur la justice sociale et l’équité dans l’accès aux ressources, tout en renforçant la cohérence des politiques publiques.
Au-delà des orientations techniques, le message central reste clair: l’environnement n’est plus un enjeu secondaire. Il devient un pilier structurant du développement national. Une transformation qui appelle à une nouvelle manière de penser l’économie, le territoire et la gouvernance.
À travers cette stratégie, la Tunisie affirme ainsi sa volonté de s’inscrire dans une transition globale, progressive mais déterminée, où la durabilité devient un choix de société autant qu’un impératif de survie économique et environnementale.









