Le gouvernement italien a décidé de mettre en place une taxe exceptionnelle visant à prélever 40% des profits considérés comme “superprofits” réalisés par les banques, a fait savoir, lundi 7 août, le vice-président du Conseil des ministres d’Italie Matteo Salvini. Cette décision intervient à la suite de l’annonce par la BCE d’une augmentation des taux d’intérêt, qui a été perçue comme une mesure visant à contrôler l’inflation et à normaliser la politique monétaire.
En effet, la taxe sur les surprofits des banques, qui devra être réglée d’ici juin 2024, concernera les exercices comptables de 2022 et 2023, a appris l’AFP de source gouvernementale. Le prélèvement de 40% sera effectué si le revenu net d’intérêts enregistré en 2022 dépasse d’au moins 3% la valeur de l’exercice 2021. Cet impôt sera appliqué sur la partie excédant le montant de l’exercice précédent. Pour les profits de 2023 comparés à 2022, le seuil à partir duquel la taxe sera prélevée remonte à 6%. Le montant de l’impôt extraordinaire ne peut en aucun cas excéder une proportion égale à 25% de la valeur des actifs nets de la banque, rapporte TF1 info. Ensuite, les recettes découlant de cet impôt seront versées à un fonds destiné à financer des mesures visant à réduire la charge fiscale des ménages et des entreprises, notamment ceux mis en difficulté par la hausse des taux d’intérêt, comme les détenteurs de crédit immobilier.
L’annonce de cette taxe a eu des répercussions immédiates sur les marchés financiers, en particulier sur les cours des actions des banques, qui ont connu une chute notable. Les banques italiennes, à l’instar des deux premières banques Intesa Sanpaolo et Unicredit, ont perdu respectivement 8,6 et 7%. Monte dei Paschi di Siena dévissait de 10,2%, Bper Banca de 10% et Banco Bpm de 8%. De même pour la banque française Crédit Agricole, qui a annoncé la semaine dernière un bénéfice net record de plus de 2 milliards d’euros au titre du deuxième trimestre, elle a enregistré le 8 août la plus forte baisse du Cac 40.
Selon l’agence italienne Ansa, cette mesure pourrait rapporter plus de 2 milliards d’euros à l’État.
Il importe de noter qu’à l’ouest, le gouvernement espagnol a également pris l’initiative d’introduire un impôt exceptionnel sur les banques, prévu pour être en vigueur en 2023 et 2024. Cependant, cette décision a été critiquée par la BCE.









