Le marché agricole ivoirien attire un nouvel acteur chinois. Sinomach Hainan envisage de s’implanter en Côte d’Ivoire à travers des investissements dans les filières riz et maïs, avec des projets portant sur la production de semences, la mécanisation des exploitations et la transformation du riz. Cette perspective intervient alors que le pays cherche à réduire ses faiblesses en matière d’équipement agricole et à développer sa production locale.
Le projet a été présenté le 27 octobre 2026 à Abidjan, lors d’une rencontre entre une délégation de Sinomach Hainan et Bruno Nabagné Koné, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières. Bernard Kini-Comoé, ministre délégué chargé des Productions vivrières, a également participé aux échanges. Le groupe chinois a ainsi fait connaître son intérêt pour plusieurs segments de la chaîne de valeur agricole. La production de semences pourrait contribuer à améliorer les rendements, tandis que les équipements mécaniques permettraient de moderniser les opérations agricoles. La transformation du riz représente, de son côté, un débouché industriel supplémentaire. Pour l’instant, les discussions n’ont pas débouché sur un accord d’investissement rendu public. Aucun montant, site d’implantation, calendrier ou capacité de production n’a été communiqué. Le passage de cette intention à un projet industriel concret reste donc à confirmer.
L’intérêt de Sinomach Hainan s’inscrit dans un contexte favorable aux fournisseurs de technologies agricoles. Le Plan national de développement (PND) 2026-2030 estime que la Côte d’Ivoire dispose d’environ 4,3 tracteurs pour 1 000 hectares cultivables, alors que la référence de mécanisation minimale retenue pour les pays émergents se situe entre 5 et 10 tracteurs. Le déficit d’équipement s’accompagne de rendements encore limités. D’après le diagnostic du PND, la production moyenne atteint environ 2,5 tonnes par hectare pour le riz et 2 tonnes pour le maïs, contre un potentiel pouvant atteindre respectivement 5 et 8 tonnes dans des systèmes de production plus performants. Pour les fabricants de machines, les fournisseurs de semences et les industriels de l’agroalimentaire, ces écarts représentent des possibilités de développement. Le gouvernement entend notamment attirer des capitaux privés, soutenir la diffusion de technologies agricoles et encourager la transformation locale.
Sinomach Hainan multiplie les initiatives sur le continent
Le projet ivoirien s’ajoute à plusieurs initiatives déjà engagées par le groupe en Afrique. En avril 2025, Sinomach Hainan a collaboré avec YTO, autre filiale du groupe chinois spécialisée dans les machines agricoles, pour livrer un tracteur Dongfanghong NLX1404 à la ferme de l’amitié Chine-Zambie. Les partenaires avaient prévu de suivre ses performances afin d’adapter les équipements aux conditions d’utilisation locales. À Madagascar, Sinomach Hainan a signé, le 28 février 2025, un mémorandum d’entente avec les autorités pour développer plusieurs projets agricoles. Le programme annoncé comprend notamment des parcs agricoles pilotes sur 50 000 hectares, une unité de transformation agroalimentaire et une usine d’engrais. En mars 2025, le ministère malgache de l’Agriculture indiquait que les projets étaient en phase de préparation. En Côte d’Ivoire, l’enjeu sera désormais de transformer l’intérêt exprimé en investissements opérationnels. Au-delà de l’importation de machines, une implantation associant équipements, maintenance, formation technique et transformation locale pourrait offrir au groupe chinois une position plus durable sur le marché agricole ouest-africain.









