La voiture électrique ne se contente plus de gagner des parts de marché dans les grandes économies automobiles. Elle pousse aussi les pays émergents à revoir leurs ambitions industrielles et à se positionner sur une filière appelée à transformer durablement le secteur. L’Égypte vient de franchir un premier cap dans cette direction avec le lancement de la production locale de la MAGE EV, un modèle de la marque chinoise Dongfeng, dans les usines de la société publique El Nasr Automotive Manufacturing Company.
Présentée le 31 octobre 2026, cette voiture est produite dans le cadre d’un partenariat associant SN Automotive, représentant local de Dongfeng, et le groupe égyptien Al Safy. Le taux d’intégration locale annoncé atteint jusqu’à 45 %. Le projet marque ainsi une nouvelle étape dans les efforts du Caire pour développer une filière automobile nationale et prendre part à l’essor de la mobilité électrique.
L’initiative intervient alors que les constructeurs et les gouvernements multiplient les investissements dans les véhicules électriques, leurs composants et les infrastructures de recharge. Le pays cherche à réduire sa dépendance aux véhicules importés, à attirer des partenaires internationaux et à développer un réseau de fournisseurs locaux capable de prendre part à cette nouvelle chaîne de valeur.
Le projet s’appuie sur les installations d’El Nasr, entreprise publique dont les lignes de production ont été modernisées pour accueillir de nouvelles activités. Le site fabrique également des autobus écologiques, avec un taux d’intégration locale supérieur à 60 %, ainsi que des minibus. La production de la MAGE EV vient donc élargir les activités industrielles de l’entreprise et donner une nouvelle orientation à son programme de relance.
La prochaine étape consistera à augmenter la part des composants fabriqués en Égypte. Le ministre de l’Industrie, Khaled Hashem, a notamment évoqué le développement des capacités nationales dans les batteries, les moteurs électriques et les composants électroniques. Ces segments concentrent une part importante des enjeux technologiques et industriels liés à l’électrification automobile.
Pour soutenir cette ambition, les autorités comptent également sur le programme national de développement de l’industrie automobile (AIDP). Celui-ci prévoit des incitations liées à la valeur ajoutée locale, aux investissements, à l’augmentation des capacités de production et au respect des normes environnementales. Le ministère de l’Industrie travaille à renforcer les avantages accordés aux industries fournisseurs, afin d’inciter les constructeurs internationaux à s’approvisionner davantage auprès des entreprises égyptiennes.









