Les recettes fiscales tunisiennes ont progressé de 4,6 % à fin septembre 2026, en glissement annuel. La ministre des Finances, Michket Slama Khaldi, a fait état de cette évolution lors d’une séance conjointe réunissant les commissions des finances de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et du Conseil national des régions et des districts (CNRD).
Sur les neuf premiers mois de l’année, le rendement du contrôle fiscal a atteint 5 188,9 millions de dinars, en hausse de 2,9 %. La ministre a attribué cette progression à l’intensification des opérations de contrôle et de révision fiscale, ainsi qu’aux interventions de la brigade chargée de lutter contre l’évasion fiscale. Ces efforts visent notamment à réduire le poids de l’économie parallèle et à juguler les pratiques frauduleuses.
Dans le même temps, les ressources propres de l’État ont enregistré une augmentation de 3,1 %, portant leur taux de réalisation à environ 73 % des prévisions inscrites dans la loi de finances 2026. Un niveau qui témoigne d’une mobilisation relativement soutenue des recettes publiques, à trois mois de la clôture de l’exercice budgétaire.
Au-delà de ces indicateurs, Khaldi a également rappelé les principaux objectifs assignés à la mission des Finances pour 2026. Le respect des engagements financiers de l’État, notamment le règlement de la dette intérieure et extérieure, figure parmi les priorités. Pour y parvenir, la ministre a insisté sur la nécessité de mieux mobiliser les ressources budgétaires et de renforcer le pilotage de la trésorerie, afin de garantir la couverture des dépenses publiques et de préserver un niveau de liquidités suffisant.
La maîtrise du déficit budgétaire et de l’endettement constitue un autre axe majeur de cette stratégie, qui vise à consolider la soutenabilité des finances publiques. Elle s’articule autour de quatre priorités: accroître les ressources propres, améliorer le recouvrement, intensifier la lutte contre l’évasion fiscale et intégrer progressivement le secteur informel.
En parallèle, le ministère entend agir sur la qualité de la dépense publique, en améliorant l’efficacité de son allocation et en orientant davantage les investissements vers des secteurs essentiels, notamment la santé, le logement, l’éducation et le transport.
Cette démarche s’accompagne d’une accélération de la transition numérique de l’administration et d’une simplification des procédures administratives. L’objectif est également de mettre en place un environnement plus propice à la création et au financement des projets, de manière à encourager l’initiative privée.
Ces résultats, qui ne constituent encore qu’un bilan intermédiaire établi à trois mois de la fin de l’exercice, viendront nourrir les discussions parlementaires autour du projet de budget. Reste à savoir dans quelle mesure la progression des recettes issues du contrôle fiscal pourrait contribuer à desserrer les contraintes de financement auxquelles l’État demeure confronté.


