Malgré des résultats trimestriels historiques, Apple anticipe un ralentissement de sa croissance en fin d’année. Le groupe table sur une progression de 7 à 10 % de son chiffre d’affaires pendant les fêtes, après des hausses de 16 % au printemps et de 12 % durant l’été. Ces perspectives ont entraîné un repli de plus de 3 % du titre après la clôture de Wall Street.
Les performances financières restent néanmoins solides. Au quatrième trimestre de son exercice fiscal, de juillet à septembre, Apple a réalisé un chiffre d’affaires de 114,5 milliards de dollars, en hausse de 12 %. Cette progression a notamment été portée par l’iPhone, dont les revenus ont bondi de 17 %, à 57,6 milliards de dollars. Le bénéfice net a atteint 30,7 milliards (+12 %). Sur l’ensemble de l’exercice, le groupe a totalisé 478,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires (+15 %) et dégagé 132,2 milliards de bénéfice (+18 %). L’iPhone représente désormais 53 % de son activité.
Mais ces résultats ne dissipent pas les inquiétudes des investisseurs, particulièrement préoccupés par l’évolution des marges. La marge brute devrait s’établir entre 45 et 46 %, contre 48,2 % un an plus tôt. En cause, la pénurie de puces mémoire, dont la demande explose avec la multiplication des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. Face à cette hausse des coûts, Apple a déjà relevé ses prix, jusqu’à 300 dollars pour les Mac, les iPad et les accessoires, et 100 dollars pour les iPhone 18 Pro. John Ternus, qui présentait les résultats pour la première fois depuis sa succession à Tim Cook, a prévenu que la facture liée à l’approvisionnement en mémoire devrait encore s’alourdir après décembre.
À cette pression s’ajoutent les dépenses liées à l’IA. Le déploiement de Siri AI, fondé sur des modèles dérivés de Gemini, mobilise d’importantes capacités de calcul lorsque les requêtes sont traitées sur les serveurs d’Apple. Pour maîtriser ces coûts, le groupe envisage de limiter l’utilisation de certaines fonctionnalités et de facturer les capacités supplémentaires.
Parallèlement, les services montrent des signes d’essoufflement. Leur croissance est retombée à 10 % au dernier trimestre, contre 12 % au printemps, et devrait atteindre 8 à 9 % pendant les fêtes. Kevan Parekh, directeur financier, évoque les fluctuations des taux de change, le recul des jeux mobiles, les évolutions de l’App Store et les conséquences d’une décision de justice américaine.
Sur le plan commercial, l’iPhone Duo, premier smartphone pliable d’Apple, lancé le 23 octobre à partir de 1 999 dollars, suscite un vif intérêt. Sa production peine toutefois à répondre à la demande, tandis que certains appareils présentent un problème d’écran.
Enfin, Apple se distingue par la relative modestie de ses investissements: environ 2,2 milliards de dollars par trimestre, contre 51,4 milliards pour Alphabet et 45,2 milliards pour Microsoft. Un écart révélateur de stratégies différentes dans la course aux infrastructures de l’intelligence artificielle.









