Le groupe pharmaceutique allemand Merck renforce ses ambitions dans les maladies rares avec le rachat de Silence Therapeutics, une biotech britannique spécialisée dans les traitements fondés sur l’ARN. Annoncée le 19 octobre 2026, l’opération représente environ 1,3 milliard de dollars, soit un peu plus d’un milliard d’euros en valeur des capitaux propres. La valeur de l’entreprise hors trésorerie s’établit à environ 1,1 milliard de dollars.
L’acquisition doit permettre à Merck d’accélérer le développement de médicaments ciblant directement les mécanismes génétiques de certaines maladies. Au cœur de cette stratégie figure le divesiran, un candidat-médicament destiné à traiter la polyglobulie de Vaquez, une maladie rare du sang caractérisée par une production excessive de globules rouges. Ce traitement repose sur la technologie des petits ARN interférents (siRNA), capables de bloquer certains messages génétiques avant qu’ils ne conduisent à la production de protéines. Lors d’un essai clinique de phase II, le divesiran a enregistré un taux de réponse de 88 %, contre 19 % sous placebo. Il doit désormais progresser vers la phase III, sous réserve de la poursuite de son développement clinique.
Pour convaincre les actionnaires de Silence Therapeutics, Merck propose 20 dollars en espèces par American Depositary Share (ADS), un titre représentant trois actions ordinaires. Cette offre correspond à une prime de 130 % par rapport au cours de clôture du 16 octobre 2026, et de 82 % par rapport au cours moyen pondéré des 30 jours précédents. L’opération devrait être finalisée au premier trimestre 2027, sous réserve notamment de l’approbation des actionnaires et des autorisations nécessaires. Merck prévoit de la financer par de nouveaux emprunts. Au-delà du divesiran, le groupe allemand récupérera également une plateforme technologique et plusieurs programmes expérimentaux, notamment dans les maladies cardiovasculaires, le cholestérol, l’obésité et les troubles immunitaires.
Cette acquisition illustre un enjeu majeur pour l’industrie pharmaceutique : les grands laboratoires cherchent à compléter leur recherche interne en rachetant des biotechs capables de développer des traitements innovants. Pour Merck, l’objectif est de renforcer son portefeuille de médicaments spécialisés et de disposer de nouvelles sources de croissance, tout en assumant les risques cliniques et financiers liés au développement de molécules encore expérimentales.









