Se rendre au Congo-Brazzaville pourrait bientôt nécessiter moins de démarches pour les voyageurs tunisiens, mais pas forcément moins de dépenses. Le pays prévoit de supprimer l’obligation de visa pour les ressortissants africains, tout en maintenant une autorisation électronique de voyage (ETA). Qui plus est, un visa électronique (e-Visa) est en préparation pour les voyageurs qui resteront soumis à cette obligation.
Le projet a été examiné lors du Conseil des ministres congolais du 14 octobre 2026. D’après le compte rendu publié par l’Agence congolaise d’information (ACI), le gouvernement entend modifier le cadre juridique régissant l’entrée, le séjour et la sortie des étrangers. Le texte doit encore être examiné et adopté par le Parlement avant que la réforme puisse entrer en vigueur.
Pour les Tunisiens, cette évolution pourrait simplifier les déplacements vers Brazzaville. La Tunisie étant un pays africain, ses ressortissants entrent dans le périmètre géographique de l’exemption annoncée. Si la mesure est adoptée et appliquée selon les modalités prévues, ils pourraient ainsi se rendre en République du Congo sans visa. Cette dispense ne signifierait toutefois pas une entrée sans formalités. A dire vrai, une autorisation électronique de voyage devrait rester nécessaire.
Cette orientation fait suite à une annonce du président congolais, Denis Sassou N’Guesso, le 25 mai 2026, à l’occasion de la Journée de l’Afrique. L’objectif? Est de faciliter la circulation des ressortissants du continent, tout en conservant un contrôle préalable des voyageurs grâce à une procédure numérique.
Les contours du dispositif commencent également à apparaître en ligne. Dans un article publié le 15 octobre 2026, VisasNews rapporte avoir repéré une plateforme de test présentant les futurs services d’e-Visa et d’ETA du Congo. Le portail du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation annonce, lui aussi, leur prochaine disponibilité. Selon les informations relevées par ce média spécialisé, la plateforme présente notamment des paramètres envisagés pour l’ETA, dont une validité de 24 mois et des séjours pouvant atteindre 90 jours par entrée. Ces indications restent néanmoins à confirmer. Comme elles proviennent d’un environnement de test et ne constituent pas, à ce stade, des conditions définitives officiellement établies.
Reste que la suppression éventuelle du visa ne règlera pas toute la question du coût du voyage. Pour un départ de Tunis vers Brazzaville, les tarifs affichés par les comparateurs peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros pour un aller simple. À titre indicatif, certaines offres relevées en ligne se situent autour de 760 à 800 euros l’aller simple, tandis qu’un aller-retour peut avoisiner 1 400 euros, selon la compagnie, les dates et les escales. Cela représente environ 2 600 à 2 700 dinars tunisiens pour l’aller simple et près de 4 800 dinars pour l’aller-retour, sur la base d’un taux de change indicatif. Ces montants ne constituent pas des tarifs fixes et doivent être vérifiés au moment de la réservation.
Le budget du déplacement pourrait donc rester un frein pour certains voyageurs, même si les démarches administratives sont allégées. Les tarifs varient notamment selon l’itinéraire retenu, les correspondances et les conditions du billet. Les offres passant par des compagnies partenaires peuvent également différer de celles proposées directement par les transporteurs.
Le calendrier reste, lui aussi, à préciser. Si le 1er janvier 2027 a été annoncé pour l’exemption de visa des ressortissants africains, la date de mise en service des plateformes électroniques et les modalités définitives des demandes n’ont pas encore été clairement établies.
Et pour rappel le Congo ne serait pas le premier pays africain à emprunter cette voie. Il viendrait plutôt grossir les rangs des États qui cherchent à faciliter les déplacements sur le continent en supprimant l’obligation de visa pour les ressortissants africains. Le Rwanda, le Bénin, les Seychelles, la Gambie et le Togo figurent notamment parmi les pays ayant adopté ou annoncé des mesures en faveur de cette ouverture, selon les modalités propres à chacun. Le Ghana a également engagé une politique d’accès sans visa pour les ressortissants africains.








