Les transferts d’argent de la diaspora prennent une place croissante dans les économies africaines. En 2025, le continent a reçu 124,2 milliards de dollars, en hausse de 86% par rapport à 2016, selon le rapport Sending Money Home 2026 du Fonds international de développement agricole (FIDA). À l’échelle mondiale, les transferts vers les pays à revenus faibles et intermédiaires ont atteint 728,6 milliards de dollars.
La Tunisie a reçu 3,257 milliards de dollars en 2025, soit 79% de plus qu’en 2016. Ce montant représente 6% du PIB et 12% des exportations de biens et services. Le pays se classe ainsi au 9e rang africain.
| Rang | Pays | Transferts 2025 | Part du PIB | Évolution depuis 2016 |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Égypte | 41,52 Md$ | 11 % | +123 % |
| 2 | Nigeria | 22,79 Md$ | 8 % | +16 % |
| 3 | Maroc | 13,66 Md$ | 7 % | +114 % |
| 4 | Éthiopie | 7,14 Md$ | 5 % | +824 % |
| 5 | Kenya | 5,00 Md$ | 4 % | +187 % |
| 6 | Zimbabwe | 3,51 Md$ | 8 % | +89 % |
| 7 | RD Congo | 3,32 Md$ | 4 % | +459 % |
| 8 | Sénégal | 3,27 Md$ | 11 % | +65 % |
| 9 | Tunisie | 3,26 Md$ | 6 % | +79 % |
| 10 | Ghana | 2,42 Md$ | 2 % | -19 % |
Le classement met en évidence une forte concentration des flux. L’Égypte arrive largement en tête avec 41,52 milliards de dollars, suivie du Nigeria et du Maroc. À eux seuls, les cinq premiers pays africains ont capté environ 90,1 milliards de dollars, soit près des trois quarts des transferts reçus par le continent.
La Tunisie se distingue surtout par sa proximité avec le Sénégal. Avec 3,26 milliards de dollars, elle reste légèrement derrière ce dernier, mais devant le Ghana. En Afrique du Nord, elle arrive en troisième position, loin derrière l’Égypte et le Maroc.
Un autre élément ressort du rapport, celui du coût des transferts. Pour envoyer 200 dollars vers la Tunisie via des services non bancaires, le coût moyen s’élève à 4,3%. Le niveau tunisien reste inférieur à la moyenne nord-africaine, qui atteint 7,3%, et à la moyenne mondiale de 6,36%. Il demeure toutefois supérieur à la cible internationale de 3%.
La question du canal utilisé devient également importante. Plus de la moitié des transferts sont désormais envoyés sous forme numérique. Pourtant, seules 35% des opérations étudiées en 2025 étaient entièrement numériques de bout en bout. Le passage au numérique ne signifie donc pas encore que toute la chaîne, de l’envoi à la réception, est dématérialisée.
Pour la Tunisie, le principal enseignement est donc moins celui du volume que de sa position dans le paysage africain. Avec un montant de 3,26 milliards de dollars, le pays figure parmi les dix premiers bénéficiaires du continent, tout en évoluant dans un environnement où les écarts restent importants entre les marchés. La baisse des coûts et la poursuite de la digitalisation constituent désormais deux des principaux leviers identifiés par le FIDA pour rendre ces flux plus accessibles.








