La Haute Cour du Kenya a annulé, le 15 septembre 2026, la cession par l’État de 15 % du capital de Safaricom à Vodacom, une opération valorisée à 204,3 milliards de shillings kényans, soit environ 1,6 milliard de dollars. La Cour a ordonné la restitution des actions à l’État. Le gouvernement kényan et Vodacom ont annoncé leur intention de faire appel.
La transaction avait été finalisée le 30 juin, après la levée par la Cour d’appel d’une mesure qui en empêchait temporairement l’exécution. L’opération avait porté la participation de Vodacom dans Safaricom à environ 55 %, tandis que celle de l’État kényan était passée de 35 % à 20 %.
Selon la Haute Cour, la cession avait été réalisée en violation de dispositions constitutionnelles et légales, notamment en matière de participation du public et de transparence. La juridiction a donc considéré la transaction comme invalide et ordonné le retour des 15 % concernés à l’État. Sur le plan financier, il faut distinguer cette cession des autres composantes de l’opération. Les 204,3 milliards de shillings correspondent au prix payé par Vodacom pour les 15 % acquis auprès du gouvernement. En parallèle, Vodacom a acquis auprès de Vodafone un intérêt effectif supplémentaire de 5 % dans Safaricom pour environ 68 milliards de shillings. L’ensemble de l’opération de Vodacom représentait ainsi environ 2,1 milliards de dollars, selon le groupe.
L’enjeu est également important pour les finances publiques. Dans son budget 2026/2027, le Trésor kényan avait prévu que les 204 milliards de shillings attendus de la cession de Safaricom constitueraient, avec les recettes de la privatisation de Kenya Pipeline Company, le capital initial du National Infrastructure Fund (NIF). Ce fonds doit financer des projets de grande ampleur dans les routes, les aéroports, les ports, l’électricité, les technologies de l’information et de la communication ainsi que l’eau et l’irrigation. La décision de la Haute Cour intervient donc alors que la transaction avait déjà été exécutée. Sa portée financière et actionnariale dépendra désormais de la procédure d’appel. Reuters rapporte que le gouvernement kényan entend contester le jugement, tandis que Vodacom a également annoncé son intention de faire appel.
À ce stade, la Haute Cour a ordonné la restitution des 15 % à l’État, mais les modalités concrètes d’une éventuelle inversion financière de l’opération ne sont pas encore établies. Le dossier reste donc ouvert sur le plan judiciaire.









