Parmi les chiffres les plus marquants de ces derniers jours, mais qui semblent passer inaperçus, nous trouvons l’inflation sous-jacente, celle hors produits alimentaires et énergie. Elle est à 4,9%, soit le même niveau de décembre 2025.
Ce problème est préoccupant, car une inflation sous-jacente qui persiste indique que la hausse des prix n’est plus causée par des chocs ponctuels ou volatils, mais qu’elle s’est diffusée et enracinée au cœur de l’économie. La flambée initiale des intrants ou des importations s’est transmise aux prix des services (loyers, santé, transport, restauration) et des produits industriels. Ce n’est plus une flambée saisonnière ou internationale temporaire, mais une révision continue des barèmes tarifaires domestiques.
Ce que nous allons observer, et c’est déjà le cas, ce sont les effets de second tour prix-salaires/coûts. Les entreprises répercutent leurs hausses de coûts d’exploitation et de financement pour préserver leurs marges, tandis que les salariés cherchent à compenser leur perte de pouvoir d’achat. Ces ajustements successifs de coûts de revient vont maintenir une pression haussière. Et lorsque les agents économiques s’habituent à une inflation durable, ils intègrent préventivement de futures hausses de prix dans leurs contrats, leurs devis et leurs négociations commerciales, ce qui auto-entretient la dynamique.
Pour la Banque centrale, la rigidité des prix à la baisse la contraint à conserver un taux directeur élevé, empêchant un assouplissement des conditions de crédit. Des taux d’intérêt durablement élevés, combinés à l’incertitude sur les coûts futurs, découragent l’emprunt bancaire des entreprises, réduisent l’investissement matériel et limitent le potentiel de croissance à moyen terme.
Tout cela conduit à la réduction du revenu disponible réel des ménages, pesant sur la consommation privée, le moteur de la croissance qui fonctionne encore. C’est le piège d’une spirale auto-entretenue dont l’économie peine aujourd’hui à s’extraire.








