Au total douze laboratoires dédiés à l’intelligence artificielle vont ouvrir dans des centres de formation professionnelle tunisiens dès la rentrée 2026-2027 ! L’annonce, faite lundi par le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle Riadh Chaoued, doit permettre aux stagiaires de s’approprier ces technologies et d’élargir leur bagage numérique. Sur le papier, l’ambition est claire ; sur le terrain, tout reste à construire.
Équiper un laboratoire d’IA suppose bien plus qu’un réseau d’ordinateurs : des serveurs capables d’encaisser des calculs lourds, un accès internet sans faille, des abonnements logiciels ou du cloud, et des encadrants qualifiés pour traduire ces technologies en gestes de métier.
Aucun chiffre n’a pourtant filtré à ce stade, ni sur l’enveloppe budgétaire des douze sites, ni sur les régions retenues ou sur les délais de mise en service. La réussite du projet se mesurera précisément par rapport à ces zones d’ombre. Il faudra savoir si ces laboratoires se limiteront à une initiation ludique à l’IA générative ou si cette initiative débouchera sur des applications concrètes dans l’industrie, l’énergie ou les télécoms.
26 000 places et six nouvelles filières
La réforme va au-delà de l’IA : l’ATFP programme 25 837 places pour les sessions de septembre et novembre, contre 23 750 un an plus tôt, soit environ 9 % de plus. Six nouvelles spécialités apparaissent, dont la programmation web et mobile et l’installation de systèmes solaires.
Fait notable, près de 6 000 bacheliers ont candidaté cette année à une formation professionnelle, signe d’un changement de perception. Plus de 60 centres ont déjà bénéficié de travaux d’infrastructure, pour une capacité d’hébergement d’environ 17 000 lits.
Pour les acteurs privés de la formation et de l’edtech, ce virage ouvre un boulevard : équipements de laboratoires, maintenance, mise à niveau des formateurs et développement de contenus pédagogiques adaptés à l’IA appliquée sont autant de niches où l’investissement public ne suffira pas seul. Les entrepreneurs capables de proposer des solutions clé en main, du matériel au contenu, ont une opportunité à saisir avant que le cahier des charges ne soit figé.









