Plus de 150 industriels venus d’Europe, mais aussi d’Égypte, du Maroc, de Turquie et de Jordanie se sont retrouvés à Tunis début septembre à l’invitation conjointe de la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement (Ftth) et d’Euratex, pour discuter de l’avenir de la filière textile méditerranéenne.
Le textile-habillement a généré plus de 9 milliards de dinars d’exportations en 2025, avec un taux de couverture de 127%, un poids qui place le secteur juste derrière les industries mécaniques et électriques parmi les industries manufacturières exportatrices du pays. Plus de 1 400 entreprises emploient, selon les chiffres présentés par le ministère de l’Industrie, environ 140 000 à 146 000 personnes.
Le sourcing lointain et bon marché montre ses limites
Pour la Ftth, le modèle du sourcing lointain et bon marché, dominant depuis vingt ans, commence à montrer ses limites: fret imprévisible, délais qui s’allongent et marques européennes désormais tenues à des règles de traçabilité de plus en plus strictes. Face à cela, les pays du sud méditerranéen jouent une autre carte: livrer plus vite, s’appuyer sur une industrie qui a fait ses preuves et afficher une production plus respectueuse des standards environnementaux. Ce sont des arguments qui comptent aujourd’hui autant, sinon plus, que le prix. Le volume des échanges le confirme déjà: en 2025, le commerce textile entre l’UE et les sept pays partenaires méditerranéens a franchi 27 milliards d’euros, la balance penchant nettement en faveur des importations européennes, signe d’un lien économique déjà bien ancré, pas d’une simple relation naissante.
Le signal est clair pour les investisseurs: la montée en gamme vers le textile technique, le recyclage et la digitalisation devient la priorité affichée, avec des mécanismes publics (mise à niveau, ITP, restructuration financière) déjà mobilisables pour accompagner cette transition.









