L’Arabie saoudite renforce discrètement le contrôle des transferts financiers à destination des Émirats arabes unis, dans un contexte marqué par une concurrence croissante entre les deux puissances économiques du Golfe. Ce repositionnement, qui n’a pas fait l’objet d’une annonce publique, commence déjà à compliquer certaines opérations entre les deux marchés.
Les transferts depuis des comptes saoudiens vers les Émirats font, dans ce cadre, l’objet de vérifications supplémentaires de la part des services de conformité. Certains paiements peuvent être retardés de plusieurs semaines, voire retournés par les banques.
La Banque centrale saoudienne exige, ainsi, des établissements financiers une vigilance accrue face aux risques de blanchiment, de financement du terrorisme et d’autres infractions financières. Riyad n’a toutefois pas officiellement classé les Émirats parmi les juridictions à haut risque.
Un enjeu pour les entreprises
Pour les entreprises présentes dans les deux pays, ces restrictions peuvent peser sur la trésorerie, les règlements fournisseurs et les échanges commerciaux. Elles interviennent alors que les relations entre Riyad et Abou Dhabi se tendent, notamment sur le plan énergétique et économique.
Malgré cette évolution, une rupture entre les deux économies paraît peu probable compte tenu de leur interdépendance. Le durcissement des contrôles constitue néanmoins un nouveau signal de la rivalité croissante pour devenir le principal centre d’affaires du Golfe.









