20 mégawatts, c’est le volume de panneaux solaires chinois importés par la Tunisie en mai 2026. Un chiffre modeste, qui vaut tout de même au pays une place dans le top 10 arabe des importateurs, la dixième et dernière, certes, mais une place quand même.
Ce classement, établi par le site spécialisé Attaqa intervient dans un contexte régional pour le moins morose! Les importations cumulées des dix principaux pays arabes ont chuté à 0,89 GW en mai, contre 2,57 GW un an plus tôt; une dégringolade de 61% en douze mois.
L’impact du conflit au Moyen-Orient
En cause: des perturbations logistiques et géopolitiques, notamment autour du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, qui plombent les flux vers l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Irak. L’Arabie saoudite reste malgré tout leader avec 200 MW, devant l’Égypte (170 MW) et la Jordanie, qui progresse (150 MW). Suivent le Yémen et le Liban, à 80 MW chacun, puis les Émirats arabes unis, en net recul (60 MW à peine, après une chute de près de 90%), l’Irak (50 MW), et enfin le Maroc et l’Algérie, à égalité avec 40 MW.
La Tunisie, avec ses 20 MW, campe donc en bas de tableau, un chiffre stable par rapport au mois précédent, illustrant une transition encore en phase de structuration. Le marché solaire tunisien reste jeune et manque encore de maturité: les projets se multiplient, mais l’industrie et le cadre réglementaire ne sont pas encore au niveau des grandes économies régionales.
Une trajectoire ascendante et durable
En dépit de son classement, certains chiffres illustrent une tendance de fond qui ne trompe pas: entre janvier et mars 2026, la Tunisie a justement enregistré la plus forte progression de tout le monde arabe, avec une hausse de 420% de ses importations sur un an. De quoi relativiser ce classement de mai, qui n’est peut-être qu’un élément ponctuel et instantané dans une trajectoire bien plus ascendante et durable.


