Après avoir misé sur l’intelligence artificielle pour automatiser une partie de son contrôle qualité, le constructeur automobile américain Ford fait marche arrière. L’entreprise a recruté, réembauché ou promu près de 350 ingénieurs expérimentés au cours des trois dernières années afin de corriger les limites de ses systèmes automatisés et d’améliorer la qualité de ses véhicules.
Selon plusieurs sources, cette décision intervient après plusieurs années marquées par des problèmes de qualité et un nombre élevé de rappels de véhicules. Les dirigeants du groupe reconnaissent aujourd’hui que l’intelligence artificielle, utilisée seule, n’a pas permis d’atteindre les résultats attendus.
Les ingénieurs recrutés, surnommés en interne les « gray beard engineers » (« ingénieurs aux cheveux gris »), ont pour mission d’identifier les défauts avant même que les pièces n’arrivent sur les lignes de production. Ils participent également à la formation des jeunes ingénieurs et à l’amélioration des modèles d’intelligence artificielle utilisés par le constructeur.
Ford ne renonce pas pour autant à l’IA. Le constructeur affirme désormais privilégier une approche hybride, où les outils d’intelligence artificielle assistent les ingénieurs sans remplacer leur expertise. Ce changement de stratégie semble déjà produire des résultats. Selon le cabinet d’études J.D. Power, Ford est devenu en 2026 le constructeur grand public le mieux classé aux États-Unis en matière de qualité initiale, une première depuis seize ans. Le groupe affirme que cette nouvelle organisation lui permet de réduire les coûts liés aux rappels et aux garanties, générant plusieurs centaines de millions de dollars d’économies.
Cette expérience illustre les limites actuelles de l’intelligence artificielle dans les métiers où l’expertise humaine et l’expérience accumulée restent déterminantes. Chez Ford, la technologie n’a finalement pas remplacé les ingénieurs : elle est désormais utilisée comme un outil complémentaire, sous leur supervision.









