Le Kenya franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de développement du transport aérien. Les travaux d’extension de l’aéroport international Jomo Kenyatta (JKIA) de Nairobi vont officiellement démarrer, avec l’ambition de porter sa capacité totale à 22 millions de passagers par an, soit près du triple de son niveau initial.
Le contrat définitif a été signé entre la Kenya Airports Authority (KAA) et la société chinoise China Road and Bridge Corporation (CRBC), quelques jours après l’attribution du projet. Son financement, estimé à environ 1,2 milliard de dollars, sera structuré par la Trade and Development Bank (TDB) et l’Africa Finance Corporation (AFC). Concrètement, le programme prévoit d’augmenter la capacité du terminal existant de 7,5 à 12 millions de voyageurs par an. Un nouveau terminal capable d’accueillir 10 millions de passagers supplémentaires sera également construit. À terme, l’aéroport de Nairobi pourra traiter jusqu’à 22 millions de voyageurs chaque année.
Cette transformation intervient alors que le trafic aérien continue de progresser au Kenya. Conçu à l’origine pour recevoir environ 8 millions de passagers par an, le JKIA a enregistré 8,8 millions de voyageurs en 2025, dépassant ainsi sa capacité théorique et accentuant la pression sur les infrastructures actuelles. Au-delà de la réponse aux besoins de capacité, Nairobi cherche à renforcer son poids dans la compétition que se livrent les grands hubs d’Afrique de l’Est. L’Éthiopie, le Rwanda et la Tanzanie multiplient également les investissements dans leurs infrastructures aéroportuaires afin de capter une part croissante des flux de voyageurs et de marchandises.
Le gouvernement kényan voit dans ce projet un levier pour soutenir son industrie touristique et consolider le rôle du pays comme porte d’entrée régionale. Après avoir accueilli 2,4 millions de visiteurs internationaux en 2024, le Kenya vise désormais 5 millions de touristes étrangers ainsi que 5 millions de touristes domestiques d’ici 2027. Cette ambition s’accompagne de mesures destinées à faciliter les déplacements. Parmi elles figure la politique de « zéro visa » appliquée à la majorité des ressortissants africains, à l’exception de ceux de la Somalie et de la Libye, dans l’objectif de stimuler davantage les arrivées sur le continent.









