Dans les allées des marchés, le constat est le même depuis plusieurs jours. Les prix ont grimpé, alimentant l’inquiétude des consommateurs. Derrière cette hausse, les autorités évoquent une conjoncture particulière, marquée par un ralentissement de l’activité de certains fournisseurs au lendemain de l’Aïd el-Fitr et par un chevauchement des saisons agricoles qui a réduit les quantités disponibles.
Mais, peu à peu, les étals retrouvent des couleurs. Depuis la semaine dernière, les circuits d’approvisionnement se remettent en place et les marchés commencent à reprendre leur rythme habituel, selon le ministère du Commerce.
Face à cette poussée des prix, la première réponse des autorités a été de fixer des plafonds, dans l’espoir de préserver un équilibre fragile entre producteurs et consommateurs. Une mesure qui, dans les faits, n’a pas suffi à contenir la hausse. Le ministère a alors changé de cap, optant pour une réduction des marges bénéficiaires afin de peser plus directement sur les prix.
Dans le même temps, les importations ont été intensifiées. Volailles et œufs à couver ont ainsi été injectés sur le marché pour combler le manque et rétablir un certain équilibre entre l’offre et la demande.
Sur le front des viandes rouges, la situation reste plus tendue. Les autorités reconnaissent un déficit et tentent d’y répondre par une double approche: soutenir la production locale via la société Ellouhoum et recourir à l’importation. À l’approche de l’Aïd al-Adha, des contrats ont été conclus pour l’importation d’ovins, sous contrôle vétérinaire strict, tandis qu’environ 3 000 têtes issues de l’élevage local seront proposées.
Malgré ces tensions, le ministère se veut rassurant. Les stocks stratégiques de produits de base sont jugés suffisants, couvrant plusieurs mois de consommation selon les filières. De quoi écarter, pour l’instant, le spectre de pénuries.
Au-delà de la gestion immédiate, les autorités regardent plus loin. Le projet de zone de libre-échange, dont les aménagements extérieurs sont achevés, devrait bientôt entrer dans une nouvelle phase. Pensée comme une passerelle vers les marchés africains, elle ambitionne de renforcer la présence des produits tunisiens sur le continent.
En parallèle, une stratégie d’exportation se dessine, avec un accent particulier sur des produits phares comme l’huile d’olive et les dattes, destinés notamment aux marchés asiatiques et américains. Les performances des entreprises tunisiennes dans ces secteurs sont d’ailleurs jugées encourageantes.









