Les chiffres de l’INS pour janvier-février 2026 révèlent des signaux encourageants, mais aussi des fragilités persistantes.
La Tunisie commence l’année sur une note positive. Le déficit commercial recule de 21% sur les deux premiers mois de 2026, à 2 784 millions de dinars contre 3 517 Mtnd à la même période l’an dernier. Une réduction de plus de 700 Mtnd en un an.
Plus d’exportations, moins d’importations
Les exportations progressent de 6,2% et les importations reculent légèrement. Conséquence directe: le taux de couverture grimpe à 79,5% contre 74,3% en 2025. En clair, la Tunisie finance une part plus grande de ses achats extérieurs avec ses propres ventes.
L’agroalimentaire est la grande réussite du début d’année. Les exportations d’huile d’olive bondissent de près de 25%, portant l’ensemble du secteur à +6,1%. Les industries mécaniques et électriques confirment aussi leur dynamisme avec une hausse de 14,8%.
Les points noirs: phosphates et pétrole
Tout n’est pas rose. Les exportations de phosphates et dérivés s’effondrent de 24,6%. Les ventes de pétrole brut chutent également de façon marquée. Ce sont deux secteurs stratégiques qui peinent, et leur repli pèse sur la performance globale.
Un déficit énergétique qui ne se réduit pas
C’est le talon d’Achille de la balance commerciale tunisienne. Le déficit énergétique s’élève à 1 886 Mtnd, soit les deux tiers du déficit total. Il s’aggrave même légèrement par rapport à l’an dernier. Tant que la facture énergétique restera aussi lourde, les marges de manœuvre resteront limitées.
L’Europe solide, les voisins arabes en dents de scie
L’Union européenne absorbe près des trois quarts des exportations tunisiennes, en progression. Les ventes vers la France et l’Allemagne accélèrent nettement. En revanche, les exportations vers la Libye, le Maroc et l’Algérie reculent fortement.


