
Souvent cité dans les débats économiques et environnementaux, le crowdfunding ou financement participatif demeure encore peu compris dans ses applications concrètes. Considéré comme un moyen alternatif crucial de financement pour de nombreuses entreprises, en particulier pour les startups et les PME.
Un forum national organisé hier a précisément visé à lever ce flou, en mettant l’accent sur la nécessité de sensibiliser aussi bien le grand public que les acteurs économiques à ce mode de financement innovant.
Initiée par l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII), en partenariat avec l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) et le projet Greenov’i, mis en œuvre par Expertise France avec le soutien de l’Union européenne, la rencontre a réuni un large éventail de parties prenantes autour du thème: “Le financement participatif au service de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables”.
Inaugurant les travaux du forum, le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, a souligné le rôle du financement participatif comme levier complémentaire au système financier traditionnel. “Il ouvre de nouvelles perspectives pour mobiliser l’épargne et l’orienter vers l’économie réelle”, a-t-il déclaré, estimant que ce mécanisme contribue à la diversification des sources de financement tout en favorisant une culture de participation. Dans un contexte marqué par les contraintes économiques et l’urgence climatique, il a également insisté sur la capacité du crowdfunding à soutenir le développement de projets énergétiques durables. Il a toutefois rappelé que l’efficacité du financement participatif repose sur plusieurs conditions clés: la qualité et la viabilité des projets proposés, l’existence d’une gouvernance solide ainsi que l’adoption de modèles économiques innovants. Autant de prérequis indispensables, selon lui, pour garantir une utilisation efficiente des fonds collectés et assurer aux citoyens une visibilité concrète de l’impact de leur engagement.
S’exprimant à son tour, le directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), Nafaa Bekkari, a replacé cette initiative dans le cadre des objectifs nationaux visant à porter la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à 35 % d’ici 2030, puis à 50 % à l’horizon 2035. “La réalisation de ces objectifs suppose une mobilisation collective impliquant l’ensemble des parties prenantes: pouvoirs publics, financeurs, société civile, citoyens et partenaires internationaux”, a-t-il affirmé.
Selon lui, le financement participatif constitue un outil innovant permettant d’ancrer la transition énergétique dans les territoires et de faire du citoyen un acteur à part entière du changement. À titre d’exemple, il a indiqué que le développement, dans chaque région, de projets d’une capacité d’1 MW pourrait représenter une contribution significative à l’objectif national de 4 800 MW fixé à l’horizon 2030.
L’ANME a déjà mis en œuvre cette approche à travers plusieurs projets réalisés en partenariat avec la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), notamment via l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toitures. À ce jour, ces initiatives ont permis de déployer une capacité globale dépassant les 400 MW, grâce à des contributions citoyennes représentant entre 5 et 10 % du financement total. Celles-ci prennent la forme de prélèvements sur les factures d’électricité ou de subventions accordées par l’agence, sans recours à l’endettement. “Une démarche qui permet aux citoyens de s’impliquer concrètement dans la transition énergétique et d’en mesurer directement les retombées”, a conclu Nafaa Bekkari.


