La Banque africaine de développement (BAD) a levé 2,5 milliards de dollars sur les marchés internationaux, après avoir reçu 4,8 milliards de dollars d’ordres de souscription. Cette demande soutenue lui a permis de réduire la prime proposée aux investisseurs, un signal favorable pour ses conditions de financement.
L’émission a été tarifée le 21 octobre 2026 et annoncée officiellement le 23 octobre. L’obligation arrivera à échéance le 18 janvier 2030. Elle offre un coupon annuel fixe de 4,875 %, versé semestriellement, et un rendement à l’émission de 4,933 %. Face à l’intérêt des investisseurs, la BAD a ramené sa marge à 28 points de base au-dessus du taux de swap SOFR de référence, contre 30 points initialement envisagés. Cette réduction de deux points de base traduit une amélioration des conditions obtenues par rapport aux prévisions initiales. Autre indicateur : le rendement de l’obligation ne dépasse que de 8,7 points de base celui du titre du Trésor américain retenu comme référence, arrivant à échéance le 15 octobre 2029. Cet écart limité témoigne de la capacité de la BAD à emprunter à des conditions proches de celles des émetteurs bénéficiant d’une excellente signature de crédit. La banque affiche une notation AAA auprès de S&P, Fitch et Japan Credit Rating Agency, et Aaa auprès de Moody’s. Ces évaluations reflètent la qualité de crédit que lui attribuent les agences.
Des investisseurs internationaux mobilisés
Les banques ont reçu 48 % des allocations de l’émission, devant les banques centrales et les institutions officielles (39 %), puis les gestionnaires d’actifs (13 %). Sur le plan géographique, l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique représentent 54 % des allocations, contre 40 % pour les Amériques et 6 % pour l’Asie. La transaction constitue la troisième émission obligataire de référence en dollars de la BAD en 2026, après un emprunt de 1 milliard de dollars en janvier et un autre de 2 milliards en février. Le règlement de cette nouvelle opération est prévu le 2 novembre 2026. La performance intervient au lendemain d’une autre opération importante : le 20 octobre, la Banque mondiale a fixé les conditions d’une émission de 5 milliards de dollars à cinq ans, avec un rendement de 4,974 %. Cette opération avait attiré plus de 9,8 milliards de dollars d’ordres. Les deux émissions illustrent l’accès des grandes institutions multilatérales aux marchés internationaux de capitaux. Pour la BAD, la forte demande et la réduction de la marge constituent des indicateurs favorables, sans pour autant garantir que ses prochains emprunts bénéficieront des mêmes conditions. Les taux de marché et l’appétit des investisseurs continueront de peser sur le coût de ses financements.









