La Tunisie doit renforcer la compétitivité de son industrie en misant sur la modernisation des entreprises, l’accès au financement et la maîtrise des coûts énergétiques. C’est le constat défendu par Slah Zouari, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, lors de la première édition de Tunisia Industry Talks 2026, organisée mercredi 21 octobre en partenariat avec la Konrad-Adenauer-Stiftung Tunisie.
Dans un contexte de recomposition des chaînes de valeur mondiales, de transition énergétique et de développement de l’intelligence artificielle, le ministre a souligné la nécessité pour la Tunisie de consolider ses atouts industriels et de mieux se positionner dans la concurrence internationale. Le pays dispose d’une base industrielle diversifiée, de compétences reconnues, d’une proximité géographique avec les marchés européens et d’un réseau d’accords commerciaux. Les industries mécaniques et électriques, l’automobile, l’aéronautique, le textile et l’agroalimentaire témoignent de ces capacités.
Selon les données du bilan industriel 2025 citées par Slah Zouari, les exportations des industries mécaniques et électriques ont progressé de 8,7 %, tandis que les investissements industriels déclarés ont avoisiné 2,5 milliards de dinars. Pour autant, ces résultats doivent être consolidés. Le ministre a notamment insisté sur la nécessité de transformer les capacités existantes et les investissements en projets effectivement réalisés, en emplois qualifiés et en valeur ajoutée durable. Il a également appelé à faire évoluer le positionnement industriel du pays, de la sous-traitance vers davantage de conception, d’ingénierie et d’innovation.
Trois chantiers ont été identifiés comme prioritaires. Le premier porte sur la modernisation de l’appareil productif, notamment à travers le programme national d’accompagnement vers l’industrie 4.0. L’intégration des outils numériques, de l’automatisation et des technologies avancées doit aller de pair avec le développement des compétences, la recherche appliquée et le rapprochement entre universités et entreprises. Le deuxième chantier concerne le financement. Les difficultés rencontrées par de nombreuses PME pour financer leur modernisation, renforcer leurs fonds propres et accéder à des instruments adaptés à leurs besoins constituent, selon le ministre, un obstacle à lever. Les mécanismes de mise à niveau, de bonification et de restructuration financière doivent notamment gagner en lisibilité, en accessibilité et en complémentarité.
Le troisième axe est énergétique. La sécurité de l’approvisionnement, la maîtrise des coûts et l’efficacité énergétique conditionnent directement la capacité des entreprises à produire et à exporter. Le développement des énergies renouvelables et la décarbonation industrielle représentent également des enjeux de compétitivité et d’accès aux marchés. Au-delà de ces priorités, Slah Zouari a plaidé pour une diversification des partenariats industriels. Si l’Europe demeure un partenaire majeur, la coopération avec les marchés africains et les autres espaces régionaux doit être davantage exploitée. Les partenariats recherchés devraient favoriser la coproduction, le transfert technologique, la recherche-développement et l’intégration des entreprises tunisiennes dans les chaînes de valeur internationales.









