Les chiffres du commerce extérieur jusqu’à fin septembre 2026 ont confirmé la persistance de tensions structurelles sur les équilibres extérieurs. En dépit d’une dynamique appréciable des exportations, le creusement continu des importations a maintenu la balance commerciale sous haute pression.
Sur les neuf premiers mois de l’année, les exportations se sont établies à 50 400 MTND, soit une progression de 8,6%, tandis que les importations ont atteint 71 397 MTND, en hausse de 13,1%. Le déficit commercial s’est fortement alourdi pour s’établir à – 20 997 MTND contre -16 727 MTND un an auparavant. Le taux de couverture a reculé à 70,6%.
L’amélioration des exportations a été principalement portée par le secteur agroalimentaire, qui a bondi de +20,3% sous l’effet de l’envolée des ventes d’huile d’olive à 4 005,7 MTND, ainsi que par les industries énergétiques (+43,1%) stimulées par la reprise des produits raffinés (1 396,2 MTND). Les industries mécaniques et électriques ont également affiché une orientation positive de 9,9%, à 24 926,9 MTND.
À l’inverse, le secteur des mines, phosphates et dérivés a chuté de 16,5%, à 1 433,1 MTND. Idem pour le textile-habillement qui a baissé de 4,7%, à 7 894,1 MTND.
Du côté des importations, la hausse s’est généralisée à tous les grands agrégats, emmenée par les produits énergétiques (+32% à 13 309,9 MTND), reflétant la dépendance accrue du pays aux approvisionnements extérieurs.
L’analyse détaillée des soldes par groupes de produits met en lumière le rôle central de la facture énergétique, dont le déficit a atteint -10 480 MTND, représentant à lui seul près de la moitié du déficit commercial global et neutralisant largement les performances des autres secteurs. Hors énergie, le déficit se réduit de moitié pour s’établir à -10 517 MTND, le groupe des produits alimentaires demeurant l’un des rares secteurs excédentaires avec un solde positif de +919,8 MTND.
Sur le plan géographique, l’Union européenne demeure de loin le premier partenaire commercial de la Tunisie, absorbant 70,2% des exportations et fournissant 44,8% des importations.
Face à ces statistiques, la résilience de l’économie dépendra de la capacité à accélérer la transition énergétique et à libérer le plein potentiel de ses secteurs exportateurs à forte valeur ajoutée.









