Le Tunisia Cloud & Infrastructure Summit s’est tenu ce vendredi 4 septembre 2026, à Tunis.
L’événement a rassemblé sur une journée complète des acteurs du Cloud, des datacenters et de la cybersécurité, autour d’une seule et même idée : la transformation numérique et la souveraineté des infrastructures critiques tunisiennes.
Le nerf de la guerre : l’énergie
La matinée s’est ouverte sur une keynote de Tunisie Telecom consacrée à sa vision du Cloud et de l’évolution des infrastructures digitales dans le pays, avant un premier panel sur l’adoption du Cloud, les datacenters hybrides et la résilience des infrastructures IA.
Rami El Golli, docteur ingénieur en énergie et consultant en transition énergétique, y a rappelé un chiffre qui pèse lourd dans le secteur : les datacenters représentent aujourd’hui 1,5% de la consommation électrique mondiale, une part qui devrait doubler d’ici 2030. Les équipements IT à eux seuls absorbent près de 70% de l’électricité consommée par un datacenter. Pour lui, répondre à cette demande suppose d’alterner petits et gros investissements, afin d’obtenir des résultats à la fois sur le court et le moyen terme. Il est également, essentiel d’avoir un réseau électrique stable, disponible et régulier pour pouvoir concrétiser ces objectifs et agir directement sur les infrastructures nécessaires aux datacenters.
Un datacenter, c’est avant tout un investissement
Le marché mondial des datacenters se polarise, aujourd’hui, autour de deux pôles, la Chine et les États-Unis, rappelle Nazeh Ben Ammar, gérant de la société Exellencia et membre du comité directeur de la Chambre tuniso-allemande de commerce et d’industrie. Face à cette concentration, la Tunisie part de loin : le pays ne compte que trois petits datacenters, tous en sous-capacité. Un retard qui n’empêche pas les investisseurs étrangers de s’y intéresser, à une condition devenue quasi systématique à l’international : l’accès à des sources d’énergie verte, seule garantie face à des réglementations de plus en plus strictes, allant jusqu’à sanctionner financièrement les opérateurs qui ne se conforment pas à cette nouvelle règle environnementale.









