La Banque africaine de développement a publié le 26 juin 2026 le rapport de clôture de son étude de faisabilité sur le corridor ferroviaire transmaghrébin, un axe de 2 350 km reliant Casablanca, Alger et Tunis. Objectif affiché à long terme: ramener le temps de trajet entre les deux extrémités de 48 à 25 heures. Financé à hauteur de 1,7 million de dollars, ce document technique n’engage toutefois aucun financement et ne déclenche pas le chantier: c’est une étape préparatoire, pas un accord de mise en œuvre.
L’étude détaille trois options techniques pour relier Annaba à Jedeida, le segment algéro-tunisien du corridor. Celle retenue: une ligne neuve d’environ 130 km connectant Annaba à Jendouba en passant par El Tarf, avant de rejoindre Jedeida via les rails existants entre Jendouba et Béja. Un choix qui s’appuie sur un acquis concret: la liaison Tunis-Annaba, qui est de nouveau en service depuis août 2024 après des décennies d’arrêt.
Des milliards encore à mobiliser
Le coût total, longtemps chiffré à 3,8 milliards de dollars, avoisine désormais 4 milliards selon le Programme pour le développement des infrastructures en Afrique (PIDA). Plus de 80 représentants de banques, d’investisseurs et de bailleurs internationaux se sont retrouvés à Tunis lors d’une table ronde consacrée au financement, sans qu’aucun engagement concret n’en ressorte. Le cadre institutionnel tripartite, transmis à l’UMA, attend toujours sa validation. Et la frontière maroco-algérienne, fermée depuis 1994, reste l’inconnue politique majeure du dossier.
Pour les acteurs tunisiens de la logistique et du BTP, le scénario retenu sur Annaba-Jendouba dessine un chantier concret à surveiller: appels d’offres d’infrastructure, sous-traitance ferroviaire et opportunités pour les PME du Nord-Ouest, dès que les financements suivront l’étude.


