Le géant pétrolier brésilien Petrobras avance ses pions en Afrique de l’Ouest. La compagnie publique a obtenu le feu vert des autorités du Ghana pour négocier des contrats d’exploration portant sur quatre blocs offshore dans le bassin de Keta, à l’est du pays. Il s’agit encore d’une phase de négociation : aucun montant d’investissement, aucune participation et aucun calendrier de forage n’ont été annoncés à ce stade.
Cette opération intervient alors que le Ghana cherche à relancer une industrie pétrolière confrontée au vieillissement de ses principaux champs. La production nationale est tombée à 37,3 millions de barils en 2025, contre plus de 71 millions en 2019. Les recettes pétrolières ont, elles aussi, fortement diminué, atteignant environ 770 millions de dollars en 2025, contre plus de 1,36 milliard de dollars en 2024. Pour Petrobras, l’intérêt est différent : le groupe cherche de nouvelles zones capables de renouveler ses réserves et d’alimenter sa croissance future. La compagnie considère le bassin de Keta comme une frontière exploratoire intéressante, notamment en raison de similitudes géologiques avec la marge équatoriale du Brésil.
Une stratégie africaine qui s’accélère
Le Ghana n’est pas un mouvement isolé. Petrobras multiplie depuis plusieurs mois les démarches sur le continent africain, avec des positions ou des projets d’exploration en Namibie, en Côte d’Ivoire, à São Tomé-et-Príncipe et en Afrique du Sud. La compagnie a clairement fait de l’exploration internationale un levier pour compléter ses activités brésiliennes. L’enjeu est donc double : pour le Ghana, attirer un acteur disposant d’une forte expertise dans l’exploration offshore ; pour Petrobras, sécuriser de nouvelles ressources dans des bassins encore peu explorés. Mais le dossier reste au stade des discussions. La négociation d’un contrat ne signifie ni découverte de pétrole ni engagement ferme de production. Le véritable test viendra avec les études géologiques, puis d’éventuels forages et leur capacité à démontrer l’existence de réserves commercialement exploitables.









