Jardins, piscines, chambres donnant sur la mer, personnel soignant francophone: la Tunisie voit fleurir un nouveau type d’établissements, à mi-chemin entre l’hébergement médicalisé classique et la résidence de standing; l’ambition est de convaincre des retraités venus d’Europe de s’y installer.
Tunis, Hammamet, Sousse, Monastir, Djerba et Sfax concentrent l’essentiel de cette offre naissante, avec des tarifs qui oscillent entre 1 200 et 4 000 euros par mois selon le niveau de dépendance du résident.
Le calcul est d’abord financier! En France, les Ehpads privés facturent fréquemment plus de 3 000 euros mensuels, la note grimpe encore dans les grandes agglomérations, et l’Italie n’est pas en reste sur ce terrain.
Néanmoins, réduire l’attrait tunisien à une simple question de prix serait trompeur: coûts salariaux plus bas, ensoleillement, proximité avec le continent européen et présence de soignants francophones jouent tout autant.
Nuance importante cependant: contrairement aux structures tunisiennes, l’Ehpad français relève d’un cadre médico-social strictement encadré par la loi, avec une partie des frais de soins couverte par l’Assurance maladie, les deux modèles ne se valent donc pas sur tous les points.
Le vieillissement démographique tunisien pousse également ce marché: selon le recensement 2024, les 60 ans et plus représentaient 16,9% de la population, contre 11,7% dix ans plus tôt. L’Institut national de la statistique, de son côté, avance un chiffre proche de 17%, avec une projection à 20% d’ici à 2030. Aucun décompte officiel ne permet pour l’instant de savoir combien d’établissements existent réellement, ou combien de résidents viennent de l’étranger.
Un relais pour l’investissement et l’entrepreneuriat
À la croisée des chemins, entre le tourisme, la santé et la silver économie, ce segment ouvre une piste concrète pour les opérateurs privés tunisiens. Son avenir se jouera moins sur les tarifs affichés que sur la capacité des établissements à prouver, dans la durée, la qualité réelle des soins.









