Les actions du groupe espagnol Deoleo, propriétaire de marques grand public renommées telles que Bertolli et Carbonell, ont bondi de plus de 20% ce matin sur fond d’intensification de la bataille pour le rachat du premier embouteilleur et distributeur d’huile d’olive au monde.
Ce mouvement boursier intervient alors que, selon plusieurs informations, le groupe coopératif agroalimentaire espagnol Dcoop aurait proposé 470 millions d’euros pour acquérir Deoleo, prenant ainsi la tête d’une course multinationale au rachat qui implique des entreprises italiennes, françaises et australiennes. Selon le journal espagnol El Economista, Dcoop devance les sociétés italiennes Coricelli, Bonifiche Ferraresi et Newlat Food, l’entreprise française Lesieur (groupe Avril) et l’australien Cobram Estate Olive. La vente n’est pas encore finalisée, mais elle serait dans sa phase finale, avec une conclusion initialement attendue en septembre.
Si elle aboutit, cette opération renforcerait le leadership de l’Espagne dans un secteur stratégique en créant un nouveau géant de l’huile d’olive, regroupant un large portefeuille de marques. Cela crée un acteur intégré verticalement, contrôlant la production, le conditionnement et les canaux de distribution internationaux.
Cela ajouterait une nouvelle couche de pression sur le vrac tunisien. La Tunisie exporte encore l’écrasante majorité de son huile d’olive en vrac vers l’Espagne et l’Italie. Face à un méga-acheteur ibérique qui contrôle ses propres approvisionnements, les exportateurs tunisiens risquent d’avoir un pouvoir de négociation réduit. Un géant ibérique surpuissant consolidera ses parts dans la grande distribution européenne, américaine et asiatique, rendant la pénétration des marques tunisiennes plus difficile. Une opération à ne pas sous-estimer.









