La Russie applique une taxe de 370,1 roubles par tonne de blé exportée, soit environ 4,87 dollars. Et ce, depuis le 8 juillet. Cette mesure met fin à près de trois mois de prélèvement nul et s’inscrit dans le mécanisme russe de régulation des exportations céréalières.
Mis en place en 2021, ce dispositif prévoit une taxe variable révisée chaque semaine en fonction de l’évolution des prix internationaux. Il permet de préserver l’approvisionnement du marché intérieur tout en soutenant financièrement le secteur agricole russe. La réactivation de la taxe fait suite à une hausse du prix indicatif du blé russe, passé de 233,8 à 239,4 dollars la tonne.
Cette décision est suivie de près par les pays importateurs, dont la Tunisie, qui dépend largement du marché international pour couvrir une partie de ses besoins en céréales. Premier exportateur mondial de blé, la Russie devrait expédier 47 millions de tonnes au cours de la campagne 2026/2027. Dans ce contexte, toute évolution de sa politique commerciale est susceptible d’influencer les flux d’approvisionnement et les prix mondiaux.
Le marché du blé aborde d’ailleurs la campagne 2026/2027 dans un environnement plus tendu. Selon les projections du Département américain de l’Agriculture (USDA), la production mondiale devrait atteindre 820 millions de tonnes, en baisse de 3% sur un an, tandis que la consommation est attendue à 824,5 millions de tonnes, un niveau supérieur à l’offre. Dans le même temps, le commerce mondial de blé devrait reculer de 6%, à 213,3 millions de tonnes, traduisant un resserrement des disponibilités sur les marchés internationaux.
L’Afrique figure parmi les régions les plus concernées par cette évolution. D’après l’agence russe Agroexport, les importations de blé russe des pays de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) ont progressé de 26% au cours de la campagne 2025/2026, selon l’agence ecofin. Des marchés comme la Tanzanie, le Kenya, l’Égypte ou encore le Soudan renforcent ainsi leurs achats auprès de Moscou, accentuant la sensibilité de la région aux décisions prises par le premier fournisseur mondial.
À ce stade, l’impact direct de la taxe reste toutefois limité. Son montant demeure modeste au regard des fluctuations habituelles des cours internationaux. Les analystes estiment que le principal facteur de risque réside davantage dans l’équilibre entre une offre mondiale en recul et une demande toujours soutenue. Pour des pays importateurs comme la Tunisie, l’évolution des politiques commerciales des grands exportateurs continuera donc de constituer un indicateur clé de l’évolution des coûts d’approvisionnement.








