Le commerce entre les pays africains poursuit sa progression. Les échanges intra-africains ont atteint 213,8 milliards de dollars en 2025, enregistrant une hausse de 5,47 % par rapport à l’année précédente, selon le rapport African Trade Report 2026 : Leveraging Geopolitics for Trade and Industrialisation in Global Africa publié par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). Une dynamique soutenue notamment par la mise en œuvre progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’amélioration des infrastructures de transport et le renforcement des politiques commerciales nationales.
Cette progression masque toutefois une réalité : les échanges restent largement dominés par un nombre limité d’économies africaines. En 2025, dix pays ont concentré près de 60 % du commerce intra-africain, avec une part cumulée de 59,75 %.
L’Afrique du Sud conserve sa position de premier acteur du commerce intra-africain, représentant 19,2 % des échanges de biens réalisés entre pays du continent. Ses exportations vers les marchés africains ont atteint 31,1 milliards de dollars, contre 10,04 milliards de dollars d’importations en provenance du continent.
La puissance économique sud-africaine repose notamment sur une offre industrielle diversifiée. Ses ventes vers l’Afrique concernent principalement les carburants, les machines, les équipements électriques, les véhicules, les plastiques, le fer, l’acier ainsi que les céréales. En parallèle, ses achats auprès des autres pays africains portent notamment sur des matières premières comme le pétrole brut, le charbon et les métaux précieux, mais aussi sur des produits alimentaires transformés et du textile-habillement.
La République démocratique du Congo (RDC) arrive en deuxième position avec 6,74 % des échanges intra-africains. Le poids croissant de Kinshasa s’explique par la taille de son marché intérieur, une population dépassant les 100 millions d’habitants et une position stratégique au cœur de l’Afrique centrale. L’Afrique du Sud reste son principal partenaire commercial africain.
La Côte d’Ivoire complète le podium avec une contribution de 4,83 % au commerce intra-africain. Le pays confirme son rôle de plateforme commerciale en Afrique de l’Ouest grâce à son intégration dans les réseaux régionaux et au développement de la transformation locale des matières premières, notamment dans le cacao et les noix de cajou.
Derrière ce trio figurent l’Ouganda (4,48 %), le Maroc (4,46 %), l’Égypte (4,35 %), la Zambie (4,33 %), le Nigeria (4,22 %), le Zimbabwe (3,64 %) et la Namibie (3,46%). Au-delà des échanges intra-africains, le commerce total de marchandises du continent — incluant les échanges avec le reste du monde — a atteint environ 1 500 milliards de dollars en 2025, en progression de 6,1 % sur un an.
Les exportations africaines de biens ont augmenté de 6,2 %, pour atteindre 685,2 milliards de dollars, tandis que les importations ont progressé de 6 %, à 781,5 milliards de dollars. Cette évolution a toutefois entraîné un creusement du déficit commercial du continent, passé de 91,9 milliards de dollars en 2024 à 96,3 milliards de dollars en 2025. Selon Afreximbank, la croissance des échanges africains intervient dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les conflits régionaux et les incertitudes commerciales. La hausse des prix des produits agricoles ainsi que la progression des cours des minerais et des métaux précieux ont également contribué à soutenir la valeur globale du commerce africain.








