Le trafic issu de Google a chuté de 25 % en 2026. Ce chiffre, présenté par Sinda Aloui, experte en communication digitale, lors du Medianet Insight Day ce 11 juin, résume à lui seul le basculement que traverse le marketing digital sous l’effet de l’intelligence artificielle. Plus significatif encore : 66 % des recherches effectuées sur Google se terminent désormais sans aucun clic vers un site web. Les utilisateurs obtiennent leurs réponses directement depuis les synthèses générées par l’IA, court-circuitant sites et stratégies de référencement. Au total, le trafic web global accuse une baisse de 46 %, et le trafic issu du SEO recule de 50 %.
Les comportements des internautes se transforment en profondeur. La longueur moyenne d’une requête atteint désormais 23 mots — contre quelques mots-clés il y a encore peu. Les utilisateurs ne cherchent plus, ils conversent. Et ils adoptent ces nouveaux outils à une vitesse inédite : là où Google avait mis six ans pour s’imposer massivement, ChatGPT a franchi un cap comparable en trois ans seulement. L’assistant d’OpenAI domine aujourd’hui le marché avec 71 % de part de marché, devant Gemini (17 %), Perplexity (4 %) et Copilot (3 %). D’ici 2027, ces deux acteurs pourraient concentrer à eux seuls 80 % des usages.
L’IA s’immisce également dans les décisions d’achat : 68 % des consommateurs se disent prêts à acheter un produit qu’elle recommande, et 53 % estiment qu’elle les aide à trancher. L’enquête menée par Medianet auprès d’un échantillon tunisien révèle par ailleurs que 71 % des répondants ont déjà partagé au moins une information personnelle avec une IA — 20 % le font régulièrement, soulevant des questions croissantes sur la confidentialité des données en entreprise.
Face à cette recomposition, les professionnels parlent désormais de « Generative Engine Optimization » (GEO) : il ne s’agit plus seulement d’apparaître dans les résultats de recherche, mais d’être cité et recommandé par les IA elles-mêmes. Les fondamentaux restent pourtant les mêmes, rappelle Sinda Aloui — contenu original, crédibilité de la marque, présence numérique diversifiée. Ce qui change, c’est l’arbitre. Et désormais, c’est une machine.








