L’agence de notation Fitch a rétrogradé la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) en catégorie spéculative et a retiré ses notations futures, ce qui constitue une ultime étape dans une relation devenue conflictuelle avec l’institution financière multilatérale. Il n’y a plus que Moody’s, parmi les trois principales agences, qui note la banque.
Cette dégradation de BBB- à BB+ fait suite à un différend entre la banque et Fitch concernant les évaluations de l’agence, qui avait signalé des inquiétudes quant aux risques de crédit élevés, aux politiques de gestion des risques jugées faibles, et à la possibilité que l’institution subisse des pertes sur ses prêts aux États membres.
Aux yeux de Fitch, l’inclusion de la banque dans la restructuration de la dette du Ghana a signalé un affaiblissement de son importance politique. Le pays a a annoncé une «résolution» de son prêt de 750 millions de dollars auprès de l’Afreximbank le 25 décembre. Le Club de Paris des créanciers publics avait accepté cette résolution, ce qui signifie que la banque a subi une perte sur ce prêt. Son profil de risque est donc passé de «moyen» à «élevé».
La semaine dernière, l’Afreximbank a annoncé rompre ses liens avec Fitch en raison de sa conviction que la méthode de notation de l’agence ne reflétait plus une compréhension de la mission et du mandat de la banque.
Reste maintenant à savoir si elle va revoir sa politique d’octroi de crédits aux pays membres. La Zambie compte aussi conclure un accord sur la restructuration de la dette avec l’Afreximbank qui est devenu essentiel pour plusieurs pays du continent, y compris la Tunisie.









