La déclaration du vice-Premier ministre libanais concernant la faillite du pays et de sa Banque centrale a été largement reprise par les médias ce matin. En réalité, ce n’est pas une nouveauté, car la cessation de paiement est une réalité depuis le 7 mars 2020. Il s’agit donc d’un simple rappel par le responsable libanais lors d’un round de négociation avec l’équipe du FMI.
En fait, une importante délégation de l’institution financière est à Beyrouth. Le pays négocie un plan de sauvetage avec des réformes plus que douloureuses au niveau budgétaire et financier. Les chantiers prioritaires seront la reconstruction du système bancaire, la redéfinition de la politique monétaire, l’unification du taux de change et la gestion de la dette publique. Actuellement, des travaux d’audit dans la Banque du Liban sont en cours par KPMG et le rapport final sera une pièce maîtresse dans la refonte de l’économie du pays.
La perte sera supportée par l’Etat, sa Banque centrale, les banques et les déposants. Cela signifie que les établissements financiers du pays n’ont plus le droit d’effectuer de transferts de fonds à l’étranger. Pratiquement, le Liban est isolé du commerce international depuis des mois, avec des conséquences sur la qualité de vie des citoyens.
Pour les déposants, le sort était connu: une partie de leur épargne sera confisquée par l’Etat afin de pouvoir régler ses dettes. La proportion n’est pas encore fixée, mais c’est un coup dur pour la confiance dans l’ensemble du système financier du pays.
Nos pensées accompagnent les Libanais dans cette phase difficile. Les Tunisiens, qui se plaignent de l’indisponibilité de suffisamment de pain, doivent s’estimer heureux. S’ils ne prennent pas conscience de la gravité de la situation, ce sera notre tour dans quelques années.









