La Chine et les États-Unis, les deux pays les plus pollueurs au monde, se sont engagés hier à renforcer leur coopération sur l’action climatique lors de pourparlers à Glasgow.
Alors que les négociations se rapprochaient du deadline du vendredi, la partie chinoise a déclaré que les deux pays comptent présenter leurs efforts dans une déclaration conjointe basée sur les lignes directrices de l’Accord de Paris de 2015 sur le changement climatique.
La feuille de route finale appellera à des réglementations concrètes et pragmatiques en matière de décarbonisation, de réduction des émissions de méthane et de lutte contre la déforestation. Cela traduit une prise de conscience par les Etats-Unis et la Chine qu’il existe un écart entre l’effort actuel et l’Accord de Paris. Lors du sommet français, les gouvernements ont convenu de réduire conjointement suffisamment les émissions pour maintenir la hausse de la température mondiale en dessous de 2 degrés Celsius, avec un objectif plus strict d’essayer de maintenir le réchauffement à 1,5 degré.
Réellement, cela nécessite une réduction spectaculaire des émissions provenant de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz qui restent les principales sources d’énergie au monde malgré la croissance des énergies renouvelables. Mais fixer des échéances pour l’élimination progressive des combustibles fossiles est très sensible aux pays qui en dépendent encore pour leur croissance économique, notamment la Chine et l’Inde, et aux grands exportateurs de charbon comme l’Australie. L’avenir du charbon est également un sujet brûlant aux États-Unis, où une querelle parmi les démocrates a retardé un projet de loi sur le climat signé par Joe Biden.
S’il s’agit bien d’une avancée, les pourparlers qui englobent le monde entier continuent à avancer dans la douleur, avec une longue série de problèmes importants qui restent en suspens. Il y a des propositions sur les règles des marchés internationaux du carbone et la fréquence à laquelle les pays doivent rendre compte de leurs efforts. D’autres exhortent vaguement les pays développés à dédommager les pays en développement pour les pertes et dommages causés par le changement climatique, ce qui n’a pas plu à certains d’entre eux, en dépit de l’absence d’engagements financiers concrets.
De belles promesses sont attendues d’ici la clôture des négociations. Reste maintenant la capacité des différents Etats à les concrétiser car, in fine, ni les pactes ni les initiatives ne sont contraignants.









